Le nouveau plan quinquennal agricole 2026-2030 place la sécurité hydrique au cœur de l’effort d’investissement. 11,5 milliards de dinars, soit près de 82% des investissements programmés, doivent être consacrés au secteur de l’eau, selon Mehdi Khallas, directeur général du financement, de l’investissement et des structures professionnelles au ministère de l’Agriculture.
Ce poids confirme que la question hydrique constitue désormais le principal axe financier de la politique agricole tunisienne.
Barrages, dessalement et transferts au cœur du programme
Selon Mehdi Khallas, intervenant sur Express FM, vendredi 11 septembre, les investissements concernés doivent notamment couvrir l’achèvement des barrages déjà engagés et la réalisation de nouveaux ouvrages, ainsi que des projets de dessalement et de transfert d’eau. Le programme englobe également les périmètres irrigués et plusieurs infrastructures liées à l’approvisionnement en eau potable.
Cette orientation s’inscrit dans une stratégie déjà engagée sur la période 2026-2030. Plusieurs nouveaux barrages et ouvrages de mobilisation des ressources hydriques avaient notamment été programmés, parallèlement au développement du dessalement de l’eau de mer.
La ventilation précise des 11,5 milliards de dinars entre ces différentes composantes reste toutefois à publier. Il n’est donc pas encore possible d’établir la part destinée respectivement aux barrages, au dessalement, aux transferts ou aux périmètres irrigués.
Une enveloppe à ne pas confondre avec le budget courant
Le chiffre de 82% concerne les investissements du nouveau plan quinquennal. Il ne doit pas être assimilé à la structure du budget courant du ministère.
Pour celui-ci, les crédits d’engagement atteignent 2,064 milliards de dinars, dont 1,251 milliard pour le programme de l’eau, soit environ 61%. Cette enveloppe couvre notamment les barrages, les zones irriguées, l’entretien des infrastructures hydrauliques ainsi que des projets importants de la SONEDE.
Le programme de production agricole arrive derrière, avec 354 millions de dinars, suivi par le programme consacré aux forêts et à l’aménagement des terres agricoles, doté de 235 millions.
Plus de 90 grands projets suivis
L’effort annoncé s’accompagne d’un portefeuille important de projets. Le ministère suit actuellement plus de 90 grands projets inscrits sur la plateforme de suivi de la Présidence du gouvernement, dont 67 projets à financement important. Une large partie concerne le secteur de l’eau.
L’enjeu sera désormais de passer du volume financier à l’exécution concrète : quels ouvrages seront achevés en priorité, quels nouveaux barrages seront lancés, quelles capacités de dessalement seront ajoutées et quels périmètres irrigués bénéficieront de ces investissements ?
Les 11,5 milliards de dinars donnent ainsi la mesure de la priorité accordée à l’eau. Leur impact réel dépendra surtout du calendrier d’exécution et de la capacité à transformer cette enveloppe en nouvelles ressources mobilisables et en infrastructures opérationnelles.
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