La SONEDE et l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) ont engagé un projet de coopération technique de quatre ans pour préparer l’avenir de l’alimentation en eau de Sfax. À l’horizon 2060, le futur schéma directeur devra notamment intégrer les besoins de la région, la sécurité sanitaire et la réduction des pertes du réseau.
Une feuille de route sur 34 ans
Le procès-verbal des discussions avait été signé le vendredi 21 août 2026 par M. Abdelhamid Mnaja, Président-Directeur Général de la SONEDE et M. Masahito Miyagawa, Chef de mission d’étude de planification détaillée au siège de la JICA.
Sa durée annoncée est de quatre ans, avec l’intervention d’experts japonais chargés d’accompagner l’élaboration d’un schéma directeur d’alimentation en eau potable de Sfax à l’horizon 2060.
Le calendrier donne au projet une portée particulière : il doit dessiner une trajectoire pour les 34 années séparant 2026 de l’horizon 2060, alors que la région doit déjà composer avec une pression croissante sur les ressources hydriques et les infrastructures.
Le futur document ne portera pas uniquement sur les volumes disponibles. Il doit également intégrer un plan de sécurité sanitaire de l’eau ainsi que des mesures destinées à réduire les eaux non facturées, c’est-à-dire l’eau produite mais qui ne donne pas lieu à facturation, notamment en raison des fuites et d’autres pertes du réseau.
Le dessalement ne règle pas toute l’équation
Ce chantier intervient alors que Sfax dispose d’un nouvel outil majeur avec la station de dessalement de Gargour. La diversification des ressources constitue un élément important pour sécuriser l’approvisionnement, mais elle ne suffit pas à elle seule à résoudre les difficultés du système d’eau.
L’efficacité du réseau devient donc un autre enjeu central. Produire davantage d’eau tout en laissant une partie importante des volumes se perdre dans les infrastructures réduit mécaniquement l’efficacité de l’investissement réalisé sur les nouvelles ressources.
C’est précisément sur ce point que le futur schéma directeur devra apporter des réponses opérationnelles : combien d’eau faut-il produire, quelles infrastructures renforcer et quel niveau de pertes viser à terme ?
Les chiffres qui permettront de juger le plan
L’accord fixe un cadre de travail, mais plusieurs données seront indispensables pour mesurer les résultats du futur programme. Le premier indicateur concerne le taux actuel d’eau non facturée à Sfax. Il permettra d’établir une situation de référence avant de fixer les objectifs de réduction.
Le calendrier de la première mission des experts japonais constituera également un premier marqueur de la mise en œuvre du projet.
Enfin, le futur schéma devra permettre de connaître ses propres objectifs chiffrés : volumes nécessaires à l’horizon 2060, capacités supplémentaires à mobiliser, niveau de pertes visé et calendrier des investissements.
Pour Sfax, l’enjeu dépasse donc la préparation d’un simple document stratégique. Il s’agit de définir, sur les quatre prochaines années, la trajectoire d’un système d’alimentation en eau appelé à répondre aux besoins de la région jusqu’en 2060.
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