Les routes tunisiennes ont enregistré 487 morts depuis le début de l’année jusqu’au 25 mai 2026, contre 425 sur la même période de 2025, soit une hausse de 14,59%, selon les statistiques publiées par l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR), relevant du ministère de l’Intérieur et relayées par l’agence TAP.
Paradoxalement, le nombre total d’accidents a diminué : 1777 accidents ont été recensés contre 2264 durant la même période de 2025, soit une baisse de 21,51%. Le nombre de blessés a lui aussi reculé, passant de 2912 à 2284.
Sept morts dans un carambolage à Bizerte
Ce bilan national a été brutalement illustré jeudi soir par un grave accident survenu sur la route nationale n°8, dans la région de Tella, délégation d’El Alia, gouvernorat de Bizerte.
Selon les informations rapportées par Mosaïque FM, le carambolage a impliqué cinq véhicules et a fait sept morts. Six personnes sont décédées sur place, tandis qu’une femme a succombé lors de son transfert vers l’hôpital universitaire Habib Bougatfa de Bizerte.
Six autres personnes ont été blessées, dont un enfant âgé de quatre ans.
D’après les premiers éléments relayés par la radio, l’un des véhicules aurait effectué un dépassement interdit sur une ligne continue au moment de la collision, survenue vers 18h30.
Quand les accidents deviennent plus meurtriers
La baisse du nombre global de collisions ne doit pas masquer une tendance plus préoccupante : les accidents enregistrés en 2026 apparaissent plus graves.
Selon les statistiques de l’ONSR, la vitesse est impliquée dans 22,57% des accidents recensés, mais surtout dans 39,63% des accidents mortels. À elle seule, elle explique en grande partie pourquoi moins d’accidents produisent davantage de décès.
L’inattention et le manque de vigilance restent toutefois la première cause identifiée, avec 29,21% des accidents enregistrés.
Tunis, Mahdia et Nabeul en tête
Toujours selon les données officielles publiées par l’ONSR, le gouvernorat de Tunis concentre 10,30% des accidents recensés depuis le début de l’année, devant Mahdia (8,50%) et Nabeul (7,48%).
Janvier a été le mois le plus accidentogène avec 396 accidents, suivi du mois d’avril avec 386 accidents.
Bizerte ne figure pas parmi les gouvernorats enregistrant le plus grand nombre d’accidents, ce qui rend le drame de jeudi d’autant plus marquant dans un contexte national déjà sous tension.
Alerte avant l’été 2026
À l’approche de la saison estivale, période où le trafic s’intensifie avec le retour des Tunisiens résidant à l’étranger et les déplacements de vacances, ces chiffres relancent la question de la sécurité routière.
La baisse du nombre d’accidents montre que certaines mesures de prévention produisent des effets. Mais la hausse des décès souligne aussi la gravité persistante des comportements à risque : excès de vitesse, dépassements dangereux, distraction au volant ou non-respect des distances de sécurité.
Le retour visible des contrôles routiers, notamment des radars, ainsi qu’une application plus stricte des sanctions contre les manœuvres dangereuses, apparaissent désormais comme des leviers centraux pour tenter d’éviter une aggravation du bilan durant l’été.
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