Alors que les coupures d’électricité se multiplient en Tunisie et que les délestages touchent quotidiennement de nombreuses régions du pays, une initiative citoyenne tente de combler le manque d’information en temps réel. Des jeunes développeurs tunisiens ont mis en ligne une plateforme baptisée « Fama Dhaw » (« Il y a de l’électricité ? »), qui permet aux citoyens de signaler les coupures et de visualiser les zones affectées sur une carte interactive.
Le principe est simple : chaque utilisateur peut indiquer si son quartier est privé d’électricité ou si le courant est revenu. Les signalements, agrégés en temps réel, permettent ainsi de dresser une cartographie collaborative des coupures à travers le pays.
Au moment de la consultation, la plateforme recensait 265 zones touchées par des coupures d’électricité sur un total de 298 zones suivies. Elle avait déjà enregistré plus de 31 000 signalements citoyens en seulement 45 minutes, avec une mise à jour des données effectuée il y a moins d’une minute, illustrant le caractère collaboratif et en temps réel de l’outil.
Les communiqués de la STEG vivement critiqués
Cette initiative intervient dans un contexte où les communiqués de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) sont vivement critiqués par une partie des citoyens. Depuis plusieurs jours, les annonces officielles sur les zones concernées par les délestages sont régulièrement remises en cause sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes affirmant que des quartiers non mentionnés sont également touchés, tandis que d’autres localités annoncées échappent finalement aux coupures. La STEG continue pourtant de publier quotidiennement des listes des régions susceptibles d’être concernées par les interruptions de courant.
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En offrant une information alimentée directement par les utilisateurs, « Fama Dhaw » ambitionne donc de fournir une vision plus fidèle de la situation sur le terrain. Les habitants peuvent consulter la carte avant de se déplacer ou de planifier certaines activités, mais également contribuer eux-mêmes à améliorer la précision des informations.
La société civile mobilisée
L’initiative illustre aussi la capacité de la société civile et de la communauté numérique tunisienne à proposer des solutions innovantes face aux difficultés rencontrées par les services publics. Si la plateforme ne remplace pas les données officielles, elle constitue un outil complémentaire qui repose sur l’intelligence collective et la participation citoyenne.
Avec la poursuite de la vague de chaleur et une demande électrique qui reste très élevée, ce type d’outil pourrait rapidement devenir un réflexe pour de nombreux Tunisiens cherchant à savoir, en quelques clics, si le courant est disponible dans leur quartier.