Les Tunisiens attendent désormais chaque jour le communiqué de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) comme une mauvaise loterie. Après plusieurs jours de coupures tournantes touchant principalement les zones populaires, industrielles ou périurbaines, l’entreprise publique a élargi ce mercredi 22 juillet son plan de délestage à plusieurs quartiers résidentiels parmi les plus prisés du Grand Tunis.
Selon le communiqué publié par la STEG, des coupures tournantes peuvent intervenir ce mercredi entre 10h et 16h, par périodes intermittentes, dans plusieurs quartiers résidentiels comme El Menzah, El Manar, Aïn Zaghouan et les Jardins de Carthage, ainsi que dans d’autres secteurs du Grand Tunis, notamment Ksar Saïd, Le Kram, La Goulette, Tebourba, Jedaida, Sidi Thabet et Borj Ettouil.
Le délestage s’étend à de nouveaux quartiers
Depuis le début de cette vague de fortes chaleurs, les communiqués de la STEG concernaient surtout des secteurs comme Fouchana, El Mghira, Borj Cédria, Radès, Mégrine, Douar Hicher, Hay Ettadhamen ou encore plusieurs zones industrielles.
L’apparition, dans la liste officielle, de quartiers résidentiels comme El Menzah, El Manar, Aïn Zaghouan ou les Jardins de Carthage marque une évolution notable du périmètre concerné par le délestage.
Si certaines zones résidentielles comme La Soukra, La Marsa ou les Berges du Lac avaient déjà été citées les jours précédents, cette nouvelle extension confirme que les coupures touchent désormais une part de plus en plus large du Grand Tunis.
Une réponse à la colère des habitants ?
Ces derniers jours, le directeur général de la STEG, Fayçal Trifa, avait assuré que les coupures tournantes ne dépasseraient pas une heure par secteur. Sur le terrain, de nombreux habitants rapportent pourtant des interruptions bien plus longues, atteignant parfois quatre à six heures, voire davantage.
Cette situation alimente un fort mécontentement dans plusieurs régions du pays.
Le 21 juillet, des habitants d’Ennachaa, dans la délégation d’El Haouaria, ont ainsi bloqué la route reliant El Haouaria à Tunis pour dénoncer l’absence prolongée d’eau potable. Selon les informations disponibles, les coupures répétées d’électricité auraient également perturbé le fonctionnement des installations de pompage, aggravant les difficultés d’approvisionnement.
Quelques jours auparavant, le 13 juillet, des habitants de plusieurs localités de la délégation de Touiref, dans le gouvernorat du Kef, notamment Lediab, Mellala, El Ghzazoua, Hay Essaâda et Jebel Ressas, avaient également bloqué la route nationale 17 pour réclamer un accès régulier à l’eau potable.
Dans ce contexte, l’apparition de quartiers plus aisés dans les listes officielles peut être perçue par une partie de l’opinion comme une volonté de répartir plus largement l’effort demandé aux citoyens. À ce stade, aucun élément officiel ne permet toutefois d’établir un lien entre cette évolution et les critiques exprimées ces derniers jours.
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Une volonté de mieux répartir les coupures ?
L’élargissement progressif des zones concernées peut également s’expliquer par des contraintes techniques liées à l’équilibrage du réseau électrique face à une demande record provoquée par les fortes chaleurs.
Il reste toutefois difficile de comprendre les critères retenus. Certains secteurs stratégiques ou résidentiels, comme Mutuelleville, Gammarth ou encore certaines parties de Carthage, n’ont jusqu’à présent jamais figuré dans les listes publiées par la STEG. L’entreprise n’a pas expliqué les raisons de ces choix.
Autre interrogation soulevée par de nombreux habitants : certaines coupures seraient intervenues dans des quartiers qui ne figuraient pas sur les listes officielles diffusées quotidiennement.
Une communication plus détaillée sur les critères de sélection des zones concernées contribuerait sans doute à renforcer la compréhension et l’acceptation de ces mesures exceptionnelles, alors que la Tunisie traverse l’un des épisodes de tension électrique les plus importants de ces dernières années.
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