La vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la Tunisie met les réseaux d’électricité et d’eau sous une pression sans précédent. Depuis plusieurs jours, les témoignages de coupures de courant et d’interruptions de la distribution d’eau se multiplient dans plusieurs régions du pays, alimentant une colère grandissante sur les réseaux sociaux.
Face à cette situation, les autorités et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) expliquent que certaines coupures sont devenues inévitables afin de préserver la stabilité du réseau national et d’éviter un black-out généralisé.
Une demande électrique à des niveaux records
Selon le PDG de la STEG, Fayçal Trifa, la consommation d’électricité a atteint des niveaux historiques sous l’effet des températures extrêmes et du recours massif aux climatiseurs, notamment entre 13h et 17h, période où le réseau enregistre son pic de charge. À cette pression s’est ajoutée une panne technique sur une installation énergétique située dans l’est de l’Algérie, réduisant temporairement les capacités d’échange d’électricité entre les deux pays.
La Tunisie dispose d’une capacité installée estimée entre 6.000 et 6.300 MW, dont plus de 90 % proviennent de centrales thermiques alimentées au gaz naturel.
Le délestage privilégié pour éviter un effondrement du réseau
Pour préserver l’équilibre entre l’offre et la demande, la STEG recourt à des opérations de délestage, c’est-à-dire des coupures temporaires et ciblées destinées à empêcher un effondrement général du système électrique.
Ces interruptions, qui touchent différents quartiers selon une rotation, sont présentées par les responsables comme un mal nécessaire pour éviter un scénario de black-out similaire à celui qu’avait connu la Tunisie en septembre 2023.
L’eau également affectée
Les perturbations ne concernent pas uniquement l’électricité. Dans plusieurs localités, les habitants signalent également des interruptions prolongées de l’approvisionnement en eau potable.
Ces coupures sont souvent aggravées par les délestages électriques, les stations de pompage dépendant directement de l’alimentation en électricité. La hausse de la consommation d’eau liée aux fortes chaleurs accentue également les tensions sur le réseau hydraulique.
Une colère grandissante
Sur les réseaux sociaux, les internautes dénoncent des coupures qui surviennent parfois plusieurs fois par jour et qui compliquent fortement le quotidien.
Climatiseurs à l’arrêt, aliments qui se détériorent, difficultés pour les commerces, télétravail perturbé ou encore pénurie d’eau dans certains quartiers : les témoignages se multiplient, alors que les températures dépassent les 45 °C dans plusieurs régions et ont atteint un record de 48,2 °C à Nasrallah.
De nombreux citoyens réclament davantage de transparence sur les horaires des coupures et une meilleure communication de la part des autorités.
Une situation appelée à rester sous surveillance
La STEG appelle les consommateurs à rationaliser leur consommation, particulièrement durant les heures de pointe, afin de réduire la pression sur le réseau électrique national. Les autorités estiment que ces mesures demeurent nécessaires tant que les températures resteront exceptionnellement élevées.
Si les délestages permettent, selon les responsables, d’éviter un effondrement généralisé du système électrique, ils illustrent également les limites d’infrastructures soumises à une demande record, dans un contexte où les épisodes de chaleur extrême deviennent de plus en plus fréquents.