Les autorités algériennes ont décidé de renforcer les conditions d’accès à l’allocation touristique de 750 euros, quelques mois seulement après son entrée en vigueur. L’objectif affiché est de mettre fin aux détournements du dispositif, devenu une source de profits pour certains réseaux exploitant l’écart entre le taux de change officiel et celui du marché parallèle.
La Banque d’Algérie a ainsi introduit une série de nouvelles exigences. Désormais, le bénéficiaire – ou un membre de sa famille proche – doit effectuer personnellement les démarches, excluant les agences de voyages de la procédure. Les demandeurs doivent également présenter leur passeport original, disposer d’un compte bancaire dans l’établissement où la demande est déposée, régler la contre-valeur en dinars par un moyen de paiement bancaire et fournir un justificatif de revenus.
Ces mesures font suite aux révélations des autorités algériennes sur l’ampleur des abus constatés. Selon le gouvernement, de nombreux bénéficiaires obtenaient les 750 euros au taux officiel avant de les revendre sur le marché parallèle, où l’euro s’échange à un niveau nettement supérieur. Ce mécanisme permettait de réaliser d’importants bénéfices sans effectuer réellement un voyage touristique.
Le montant de l’allocation, en revanche, reste inchangé : 750 euros par adulte âgé de 19 ans et plus, et 300 euros pour les enfants de 12 à moins de 19 ans, dans la limite de deux enfants par famille, pour un séjour d’au moins sept jours.
La Tunisie également concernée
Cette évolution intéresse directement la Tunisie, qui demeure l’une des principales destinations des voyageurs algériens, particulièrement durant la saison estivale. Chaque année, des centaines de milliers de touristes algériens franchissent la frontière pour séjourner dans les villes côtières tunisiennes, contribuant de manière significative aux recettes du secteur touristique.
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La question des devises est également suivie de près par les autorités tunisiennes. Une partie des euros obtenus dans le cadre de l’allocation touristique est traditionnellement dépensée en Tunisie, tandis que les autorités algériennes cherchent désormais à s’assurer que ces montants servent effectivement au financement des voyages et non à alimenter le marché parallèle des changes.
Cette réforme pourrait ainsi avoir des répercussions sur les flux financiers liés au tourisme entre les deux pays, même si Alger affirme ne pas remettre en cause le principe de l’allocation touristique, mais uniquement son encadrement afin de limiter les fraudes.
Fini la fraude ?
En effet, cette réforme revêt également un intérêt particulier pour la Tunisie. Ces dernières années, les autorités algériennes ont à plusieurs reprises affirmé que la Tunisie figurait parmi les principaux circuits utilisés pour le détournement de l’allocation touristique. Selon Alger, certains bénéficiaires franchissaient la frontière avec les devises obtenues au taux officiel avant de les revendre ou de les écouler sur des marchés parallèles, profitant de l’importante différence entre le taux de change officiel et celui du marché informel.
Les autorités algériennes estiment que ces pratiques ont contribué à alimenter un trafic transfrontalier de devises, impliquant notamment des réseaux opérant entre l’Algérie et la Tunisie.