Les coupures d’électricité enregistrées ces derniers jours dans plusieurs régions de Tunisie sont la conséquence d’une combinaison de facteurs exceptionnels, selon la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). Face à une demande record provoquée par la vague de chaleur, le PDG de l’entreprise, Fayçal Trifa, a expliqué que le réseau électrique est soumis à une pression sans précédent, aggravée par un incident technique survenu en Algérie. Il a également souligné que le délestage reste une mesure indispensable pour éviter une panne généralisée du réseau.
Une consommation record sous l’effet de la canicule
Intervenant sur les ondes de Mosaique fm, Fayçal Trifa a indiqué que les fortes chaleurs enregistrées ces derniers jours ont entraîné une hausse exceptionnelle de la consommation d’électricité, principalement en raison de l’utilisation massive des climatiseurs.
La période comprise entre 13h00 et 17h00 concentre les plus fortes pointes de consommation. Le responsable a ainsi appelé les citoyens à rationaliser leur consommation durant cette tranche horaire afin de limiter la pression exercée sur le réseau électrique national.
Une panne en Algérie a aggravé la situation
À cette demande record s’est ajoutée une panne technique imprévue sur une installation énergétique située à Sidi Okba, dans l’est de l’Algérie.
Cette défaillance a affecté les échanges d’électricité entre les deux pays. La Tunisie s’appuie en effet sur les interconnexions avec le réseau algérien pour renforcer son approvisionnement lors des périodes de forte consommation. La baisse des volumes d’électricité disponibles a ainsi accentué les tensions sur le système électrique tunisien.
Le délestage pour éviter l’effondrement du réseau
Le PDG de la STEG a tenu à expliquer le principe du délestage, souvent mal perçu par les usagers.
Il s’agit de coupures temporaires et ciblées décidées lorsque la demande dépasse les capacités disponibles de production ou d’approvisionnement. Selon lui, cette mesure vise avant tout à préserver l’équilibre du réseau et à empêcher son effondrement.
Fayçal Trifa a averti que l’absence de délestage dans une telle situation pourrait conduire à un « black-out », c’est-à-dire une panne généralisée touchant l’ensemble du pays, dont le rétablissement serait particulièrement long et complexe.
Pour souligner les conséquences d’un effondrement du réseau, le responsable de la STEG a évoqué la panne électrique majeure survenue en Espagne en 2025, qui avait nécessité près de vingt-quatre heures avant un retour complet à la normale.
Selon lui, même des pays disposant d’importantes capacités de production ne sont pas à l’abri des perturbations lorsque des conditions climatiques extrêmes mettent les infrastructures électriques sous forte tension.
Électricité : les records de consommation
En 2026 et comme chaque été, les fortes chaleurs entraînent une hausse marquée de la consommation d’électricité en Tunisie. Les données les plus récentes illustrent cette tendance : la pointe nationale a atteint un niveau record de 4888 mégawatts (MW) le 14 août 2024, contre 4825 MW en 2023. En juillet 2025, la demande maximale s’est élevée à 4837 MW, en progression de 6% par rapport aux 4550 MW enregistrés à la même période en 2024. Des niveaux qui frôlent les 5000 MW et témoignent de la forte sollicitation du réseau durant les épisodes de canicule.
La multiplication des vagues de chaleur accentue cette pression sur les capacités de production et de distribution d’électricité. Malgré les assurances des autorités quant à la préparation du réseau pour la saison estivale, les coupures observées ces derniers jours, rappellent que l’équilibre entre l’offre et la demande demeure particulièrement fragile lorsque les températures atteignent des niveaux extrêmes.
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