Le littoral entre Gammarth et Carthage s’apprête à subir des travaux de protection contre l’érosion marine. Après plusieurs années de préparation, l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (APAL) a prolongé le délai de dépôt des offres pour un projet majeur d’ouvrages côtiers, financé par le Fonds saoudien pour le développement.
Le délai de participation à l’appel d’offres, initialement fixé au 21 juillet 2026, a été repoussé au 15 septembre 2026 à 10 heures. Cette prolongation concerne les travaux de protection de la bande côtière située entre Gammarth et Carthage, un secteur particulièrement exposé au recul du trait de côte.
Un chantier de 12 kilomètres financé par Riyad
Le projet prévoit des interventions sur près de 12 kilomètres de littoral, avec une réalisation prévue en deux phases. Son coût est estimé à 70 millions de riyals saoudiens (57 à 58 millions de dinars tunisiens), un financement assuré à travers un prêt du Fonds saoudien pour le développement.
Ce financement saoudien n’est pas nouveau : une convention de prêt entre la Tunisie et le Fonds saoudien pour le développement avait déjà porté sur une enveloppe de 70 millions de riyals destinée à contribuer au financement du projet de protection du littoral entre Carthage-Gammarth et La Goulette contre l’érosion côtière.
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Les travaux envisagés doivent permettre de renforcer la résilience de cette zone stratégique, qui concentre des enjeux environnementaux, touristiques et patrimoniaux majeurs. Le secteur concerné comprend notamment des espaces côtiers très fréquentés et proches de sites historiques emblématiques.
Une réponse à une menace qui gagne du terrain
L’érosion marine est devenue l’une des principales menaces qui pèsent sur le littoral tunisien. Selon les autorités environnementales, plusieurs centaines de kilomètres de côtes sont aujourd’hui affectés par ce phénomène, accentué par les changements climatiques, la montée du niveau de la mer et la multiplication des épisodes météorologiques extrêmes.
La Tunisie, qui possède plus de 1 300 kilomètres de côtes, fait face à une pression croissante sur ses espaces littoraux. Le phénomène touche aussi bien les plages touristiques que les zones urbaines et les infrastructures installées en bord de mer.
À Gammarth et Carthage, la problématique n’est pas nouvelle. Des études techniques consacrées à cette zone avaient déjà identifié la nécessité de mettre en place des solutions de protection et d’aménagement face au recul du littoral.
Un enjeu au-delà de la protection des plages
Au-delà de la sauvegarde des plages, le projet répond à un enjeu économique. La zone Gammarth-Carthage représente un pôle touristique et résidentiel important du Grand Tunis, avec des infrastructures hôtelières, des espaces de loisirs et un patrimoine historique situé à proximité immédiate du littoral.
L’objectif est également d’éviter que la dégradation progressive du rivage n’entraîne, à terme, des coûts plus élevés pour la réhabilitation des infrastructures menacées.
Ce chantier intervient alors que les autorités tunisiennes cherchent à développer une nouvelle approche de gestion du littoral. Le ministère de l’Environnement a notamment évoqué la mise en place d’une « ceinture côtière » destinée à renforcer la protection des zones vulnérables face aux risques climatiques.
Un projet attendu après plusieurs années de préparation
L’APAL avait annoncé dès fin 2023 le lancement des procédures liées à ce chantier, avec l’objectif de démarrer les travaux à partir de 2024. Le projet a toutefois nécessité plusieurs étapes administratives et techniques avant l’ouverture effective de l’appel d’offres.