La Tunisie poursuit un vaste programme de modernisation de son réseau routier, avec plusieurs projets structurants en cours à travers le pays. Mais derrière l’affichage des taux d’avancement, les chantiers restent marqués par des délais longs, des difficultés foncières et des tensions sur les matériaux de construction.
Le directeur général des ponts et chaussées au ministère de l’Équipement et de l’Habitat, Khaled Latrach, a indiqué aujourd’hui sur les ondes de Mosaique fm que le projet de l’autoroute reliant Tunis à Jelma a atteint un taux d’avancement de 40%.
Ce chantier, long de 186 kilomètres et estimé à 1710 millions de dinars, traverse plusieurs gouvernorats du centre du pays. Il est découpé en huit lots dont les niveaux d’exécution varient entre 20% et 46%, avec une livraison attendue à l’horizon 2027.
Au-delà des chiffres, ce projet illustre une réalité récurrente : des infrastructures majeures engagées sur le long terme, avec des calendriers étalés et une exécution progressive, segmentée par zones et par difficultés techniques.
Des projets avancés, mais des horizons encore lointains
À Sfax, les travaux d’aménagement des entrées nord et sud affichent des taux d’avancement contrastés, allant de 40% à 90% selon les sections. Si certaines parties pourraient être livrées dès fin 2026, l’achèvement complet du projet est désormais attendu en 2029, illustrant l’écart entre avancées partielles et finalisation globale.
Dans le gouvernorat de Nabeul, le doublement de la route régionale n°27 progresse également, avec des échéances échelonnées entre 2026 et 2027 selon les tronçons. À l’Ariana, la rocade X20, longue de 15 kilomètres, affiche un taux de réalisation avancé de 97%, mais reste dépendante de la résolution de contraintes foncières et organisationnelles avant sa mise en service prévue en décembre 2026.
Plus au sud, la route nationale n°117 reliant Jerjis à Djerba devrait être partiellement exploitée dans les prochaines semaines, tandis que l’achèvement complet est attendu entre fin 2026 et début 2027. À Kébili, la route nationale n°20 reliant El Faouar à Remada, d’importance stratégique et sécuritaire, ne dépasse pour l’heure pas 20% d’avancement après un an de travaux.
Des chantiers exposés aux tensions économiques et structurelles
Au-delà du rythme des travaux, les projets routiers sont également confrontés à des contraintes persistantes. Le responsable du ministère a évoqué la rareté des matériaux de construction et la hausse des prix des intrants bitumineux, dans un contexte international tendu.
Ces difficultés impactent directement le rythme d’exécution des chantiers, obligeant les autorités à intervenir sur le terrain pour sécuriser l’approvisionnement, activer les carrières et soutenir les entreprises en charge des travaux.
Dans ce contexte, le ministère de l’Équipement insiste sur la nécessité de maintenir la continuité des projets inscrits dans le plan de développement 2026-2030, tout en composant avec des contraintes techniques, économiques et logistiques qui ralentissent parfois leur progression.
Derrière les chiffres d’avancement, c’est donc une dynamique plus contrastée qui se dessine : celle d’un vaste programme d’infrastructures engagé, mais encore soumis à des obstacles structurels qui en étirent les délais de réalisation.
Rappelons qu’environ 80 projets de routes et de ponts, représentant un investissement global de 4,2 milliards de dinars, sont actuellement en phase de mise en œuvre.
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