Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu vendredi 26 juin au palais de Carthage le président et les membres de la Commission nationale de réconciliation pénale, récemment désignés par décret. Après leur prestation de serment, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de relancer ce dossier, tout en reprenant les principaux messages qu’il avait déjà adressés à l’occasion de la nomination du président de la commission, le 10 juin.
Une commission désormais au complet
Le décret n°131 de 2026, publié au Journal officiel du 26 juin, complète la composition de la Commission nationale de réconciliation pénale, présidée par Ali Abbès.
En sont membres :
- Fatène Jouini, magistrate administrative, première vice-présidente ;
- Wafa Ben Abdessamad, magistrate financière, deuxième vice-présidente ;
- Najla Safi, représentante de la Haute instance du contrôle administratif et financier ;
- Moez Dridi, représentant du Contrôle général des finances ;
- Sahbi Zarrouki, représentant du ministère des Domaines de l’État et des Affaires foncières ;
- Firas Boujelben, représentant de la Commission tunisienne des analyses financières auprès de la Banque centrale de Tunisie ;
- Najiba Zennati, représentante du Contentieux de l’État.
Ahlam El Akremi est désignée rapporteure de la commission.
Un discours dans la continuité du 10 juin
Cette cérémonie s’inscrit dans le prolongement de la rencontre du 10 juin entre Kaïs Saïed et Ali Abbès, nommé quelques jours plus tôt à la présidence de la commission. Le chef de l’État avait alors présenté la réconciliation pénale comme une « nouvelle opportunité » offerte aux personnes concernées, en Tunisie comme à l’étranger, pour régulariser leur situation, tout en affirmant que chaque millime dû au peuple tunisien devait être récupéré, sans marchandage ni renoncement.
Vendredi, selon un communiqué de la Présidence de la République, Kaïs Saïed a repris cette ligne en estimant que la reconstitution de la commission devait permettre de relancer un processus dont les travaux avaient, selon lui, été « entravés ». Il a également réaffirmé qu’« il n’y a pas lieu de renoncer à un seul millime appartenant au peuple tunisien » et que « nul n’est au-dessus de la reddition des comptes ».
Le président de la République a par ailleurs estimé que cette relance constituait une nouvelle possibilité pour les personnes concernées de conclure une réconciliation sincère dans le cadre de la loi, qu’elles soient détenues en Tunisie ou établies à l’étranger.
Un mécanisme créé en 2022
Instituée par le décret-loi n°13 de 2022, la Commission nationale de réconciliation pénale est chargée d’examiner les dossiers de personnes impliquées dans des affaires de corruption économique et financière. Le dispositif repose sur la restitution des fonds et biens concernés en contrepartie d’un accord de réconciliation pouvant conduire à l’extinction des poursuites, selon les conditions prévues par la loi.
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