Le fragile cessez-le-feu conclu la semaine dernière entre Washington et Téhéran est déjà mis à rude épreuve. Les États-Unis ont frappé vendredi des sites militaires dans le sud de l’Iran en représailles à une attaque de drone contre un cargo dans le détroit d’Hormuz. Téhéran affirme avoir riposté en visant des positions américaines dans la région, chaque camp accusant l’autre d’avoir violé les engagements pris quelques jours plus tôt. Cette nouvelle escalade ravive les tensions autour de l’une des routes maritimes les plus stratégiques au monde.
Washington et Téhéran se renvoient la responsabilité
Le commandement américain (CENTCOM) a indiqué avoir ciblé des dépôts de missiles, de drones ainsi que des radars côtiers près de Sirik, dans la province iranienne d’Hormozgan. Selon Washington, ces frappes répondent à l’attaque menée jeudi contre un cargo transitant dans le détroit d’Hormuz.
Sur le réseau X, le vice-président américain JD Vance a défendu cette opération en affirmant que les États-Unis avaient respecté le cessez-le-feu. « L’Iran a signé un accord de cessez-le-feu. Nous l’avons respecté. La violence sera traitée par la violence », a-t-il déclaré.
L’Iran rejette cette version. Le président de la commission de la sécurité nationale du Parlement, Ebrahim Azizi, a dénoncé une « violation irresponsable » du cessez-le-feu, tandis que les Gardiens de la Révolution (IRGC) ont annoncé avoir frappé des positions militaires américaines dans la région et averti qu’une nouvelle attaque entraînerait « une réponse plus large ».
Les autorités portuaires iraniennes, citées par l’agence Mehr, assurent néanmoins que le port de Sirik n’a subi aucun dommage et que les installations continuent de fonctionner normalement.
Hormuz, un passage vital sous haute tension
Au-delà de l’affrontement militaire, les inquiétudes portent sur la sécurité du détroit d’Hormuz, par lequel transite environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole ainsi qu’une part importante du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL).
Avant les nouvelles frappes, les prix du pétrole avaient déjà reculé d’environ 3 %, les marchés étant rassurés par la reprise progressive du trafic maritime. Saudi Aramco a notamment relancé les chargements de brut depuis son terminal de Ras Tanura, tandis que les exportations d’engrais ont également repris. Cette normalisation pourrait toutefois être remise en cause si les affrontements s’intensifient.
Une stabilité régionale de nouveau fragilisée
En tournée dans les pays du Golfe, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a cosigné avec le Conseil de coopération du Golfe une déclaration appelant à garantir une navigation « libre, inconditionnelle et sans restriction » dans le détroit d’Hormuz.
De son côté, Téhéran continue de revendiquer, aux côtés d’Oman, un rôle central dans la gestion de cette voie maritime stratégique et met en garde les États du Golfe contre tout alignement avec Washington.
Quelques jours seulement après l’annonce du cessez-le-feu, les affrontements ont ainsi repris entre les deux adversaires. Sans remettre officiellement en cause l’accord, cette nouvelle séquence montre combien son application reste fragile et combien l’équilibre sécuritaire du Golfe demeure précaire.
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