Les incendies de forêt ont pris une ampleur exceptionnelle en Tunisie durant l’été 2026, avec plus de 15.000 hectares brûlés, soit une hausse de plus de 500% par rapport à 2025. La Protection civile a recensé une augmentation de près de 50% du nombre de feux et effectué plus de 14.000 interventions pour lutter contre les incendies entre le 1er juin et le 6 septembre. Les épisodes de forte chaleur ont notamment mobilisé les secours à un niveau inédit en juillet.
Une hausse spectaculaire des superficies brûlées
L’été 2026 a été marqué par une forte aggravation des incendies de forêt. Lors d’une conférence de presse, mardi, à l’Ecole nationale de la protection civile, le président de la direction régionale des opérations et du suivi à l’Office national de la protection civile, le Lieutenant colonel Khalil Mechri, a indiqué que les superficies brûlées ont dépassé 15.000 hectares, contre moins de 2500 hectares durant l’été 2025.
La progression dépasse ainsi 500% sur un an, alors que le nombre d’incendies a augmenté de près de 50%. L’écart entre l’évolution du nombre de feux et celle des superficies touchées traduit surtout la violence et l’étendue de plusieurs incendies majeurs enregistrés durant cette saison.
Plus de 14.000 interventions pour les incendies
Entre le 1er juin et le 6 septembre 2026, les unités de la Protection civile ont réalisé 66.484 interventions, soit 17% de plus que durant la même période de l’année précédente.
Plus de 14.000 interventions ont concerné la lutte contre les incendies. Le mois de juillet a concentré une partie importante de cette activité, avec plus de 23.000 interventions, dont 5532 opérations d’extinction d’incendies.
Les 21, 22 et 23 juillet, les unités ont même dépassé le seuil de 1000 interventions quotidiennes, avec environ 300 interventions consacrées chaque jour à l’extinction des incendies.
Djebel Bargou et Jebel Takrouna particulièrement touchés
Parmi les principaux incendies enregistrés cet été, celui de Djebel Bargou, dans le gouvernorat de Siliana, a ravagé environ 2000 hectares.
Le bilan est encore plus important à Jebel Takrouna, à Sakiet Sidi Youssef dans le gouvernorat du Kef, où près de 9000 hectares ont été ravagés par les flammes.
La situation dans les zones frontalières a également nécessité une coordination avec les autorités algériennes, des incendies ayant été enregistrés des deux côtés de la frontière.
Un dispositif renforcé face aux épisodes extrêmes
Pour faire face à la multiplication des départs de feu, la Protection civile a renforcé ses moyens humains et matériels. Les effectifs ont notamment été doublés selon un système de travail adapté, tandis que la réserve centrale a été renforcée par dix camions de pompiers transférés depuis des gouvernorats du Sud et du Centre moins touchés par les incendies.
Un système de volontariat a également été activé au sein des unités régionales afin de renforcer les équipes mobilisées, notamment dans le gouvernorat du Kef.
La Protection civile souligne par ailleurs la coordination avec les services forestiers, les forces de sécurité et de la Garde nationale, les municipalités ainsi que l’armée de l’air.
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