Jeudi à Sfax, le ministre de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh, et l’ambassadeur du Japon en Tunisie, Saito Jun, inaugurent officiellement la station de dessalement de Gargour. Cette même semaine, des cardiologues venus de dix pays africains participent en Tunisie à un programme de formation fondé sur l’expertise médicale japonaise. Le lendemain, l’Institut Pasteur de Tunis signe un accord avec une fondation nippone pour soutenir ses projets de recherche en biotechnologie.
Trois événements sans lien apparent, mais un même fil conducteur : rarement la présence japonaise aura été aussi visible dans l’actualité tunisienne en l’espace de quelques jours. Entre les déplacements de Saito Jun et la présence de Yuko Mitsui, première vice-présidente de la JICA, plusieurs initiatives ont mis en lumière la coopération entre les deux pays.
De Gargour à l’eau potable de millions de Tunisiens
Le 18 juin, les autorités tunisiennes ont officiellement inauguré la station de dessalement d’eau de mer de Gargour, à Sfax, réalisée grâce à un financement de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).
D’un coût de près de 1,18 milliard de dinars, l’installation produit 100.000 m³ d’eau potable par jour. Selon la SONEDE, son impact direct et indirect concerne près de six millions de Tunisiens, à travers l’amélioration de l’approvisionnement du Grand Sfax mais aussi d’autres régions du pays.
L’inauguration officielle est toutefois intervenue bien après la mise en service effective du projet. La première unité a commencé à fonctionner en juillet 2024 avant une montée progressive jusqu’à sa pleine capacité quelques mois plus tard.
Lire aussi: Sfax : Gargour officiellement inaugurée, près de 6 millions de Tunisiens concernés
Dix pays africains réunis autour de l’expertise tunisienne
Dans le domaine de la santé, le programme régional « Cardiology for Africa » a occupé une place importante dans l’agenda de la semaine. Ouverte le 17 juin et clôturée le 19 juin, sa deuxième édition a réuni en Tunisie des cardiologues venus de dix pays africains.
Organisée dans le cadre d’une coopération entre la Tunisie, le Japon et plusieurs partenaires africains, la formation porte notamment sur les techniques de cathétérisme cardiaque par ballon d’Inoue, développées au Japon.
Au-delà de l’aspect médical, l’initiative met en avant le rôle croissant de la Tunisie comme plateforme régionale de formation spécialisée au profit du continent africain.
L’Institut Pasteur regarde vers les biotechnologies
Le 19 juin, le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, a supervisé la signature d’une convention de coopération entre l’Institut Pasteur de Tunis et la Fondation japonaise Nishimura.
L’accord vise à soutenir des projets de recherche et d’innovation dans les domaines de la santé et des biotechnologies, tout en favorisant le transfert de technologies et l’émergence de projets issus de la recherche scientifique.
Parmi les travaux présentés figurent des recherches sur les vaccins à ARN messager (mRNA), une technologie devenue incontournable depuis la pandémie de Covid-19 et sur laquelle la Tunisie cherche à renforcer ses capacités.
Au-delà de ces trois événements, la semaine a également été marquée par la présence en Tunisie de Yuko Mitsui, première vice-présidente de la JICA, à plusieurs rendez-vous consacrés à la coopération avec l’Afrique. Les discussions ont notamment porté sur un projet de coopération triangulaire Tunisie-Japon-Afrique dans les domaines de la santé, de l’environnement et de l’innovation.
Entre eau, cardiologie et biotechnologies, cette séquence illustre une coopération japonaise présente dans des secteurs très différents, mais reliés par une même logique : associer financement, technologie et positionnement régional de la Tunisie.