La chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Siliana a ordonné la remise en liberté des neuf lycéens placés en détention dans une affaire de fraude au baccalauréat. Cette décision intervient après plusieurs jours de polémique autour de leur incarcération, sans pour autant mettre un terme aux poursuites judiciaires engagées.
Une affaire liée à l’utilisation d’oreillettes
La chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Siliana a accepté, lundi, les demandes de remise en liberté présentées en faveur des neuf élèves impliqués dans une affaire de fraude aux examens du baccalauréat.
Cette décision intervient quelques jours après leur placement en détention provisoire, une mesure qui avait suscité de vives réactions et alimenté le débat sur le traitement judiciaire des affaires de triche scolaire.
Les neuf candidats, âgés entre 18 et 19 ans, avaient été interpellés, vendredi 5 juin, dans un centre d’examen relevant de la délégation de Bouarada après avoir été surpris en possession d’oreillettes destinées à recevoir des réponses durant une épreuve du baccalauréat.
A la suite de leur arrestation, le ministère public près le Tribunal de première instance de Siliana avait ordonné leur placement en détention provisoire sur la base des dispositions pénales réprimant la fraude aux examens nationaux.
Une décision qui relance le débat
L’incarcération des lycéens avait rapidement provoqué une controverse dans l’opinion publique. Si la lutte contre la fraude aux examens fait largement consensus, plusieurs voix dont celle de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, ont exprimé leur rejet des peines de prison visant des élèves soupçonnés de triche aux examens.
Des observateurs ont notamment rappelé que la réglementation scolaire prévoit déjà des sanctions disciplinaires particulièrement lourdes, telles que l’annulation des épreuves, l’invalidation du diplôme ou encore l’interdiction de repasser l’examen pendant plusieurs sessions.
Pour les critiques de cette mesure, l’emprisonnement provisoire marque une rupture en soumettant des faits commis dans un contexte scolaire à un traitement relevant du droit pénal commun.
La procédure judiciaire se poursuit
La remise en liberté des neuf élèves ne signifie pas l’abandon des poursuites engagées contre eux. L’affaire demeure entre les mains de la justice, qui poursuivra l’examen du dossier conformément aux procédures en vigueur.
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