Face à la répétition des coupures d’électricité qui ont marqué les derniers jours en Tunisie, des responsables de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) sont désormais au centre d’investigations judiciaires. Le secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, Fethi Mselmi, a annoncé que le parquet avait ordonné l’ouverture d’enquêtes visant plusieurs chefs de districts et responsables d’unités au sein de l’entreprise publique.
Invité sur les ondes de la radio Jawhara FM, le responsable syndical a indiqué que la partie syndicale s’attendait initialement à la mise en place de commissions techniques chargées d’identifier les responsabilités.
« Nous espérions des commissions techniques pour déterminer les responsabilités, mais le dossier est désormais entre les mains de la justice », a-t-il déclaré, exprimant son souhait que ces investigations permettent de faire toute la lumière sur les circonstances ayant conduit aux coupures successives
Retour progressif à l’alimentation électrique
Selon Mselmi, un retour progressif à une alimentation électrique plus stable est attendu dans les prochains jours. Il a expliqué que la principale cause des perturbations réside dans un déséquilibre entre une production insuffisante et une hausse importante de la consommation, notamment durant cette période de fortes chaleurs.
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Le responsable syndical a toutefois estimé que cette situation aurait pu être anticipée. Il a affirmé que la partie syndicale avait alerté à plusieurs reprises sur les risques liés à l’écart croissant entre l’offre et la demande d’électricité, tout comme des notes internes de la direction générale de la STEG auraient signalé ces difficultés.
Des projets de production restés en attente
Le responsable syndical a également évoqué plusieurs projets publics de production électrique validés depuis 2018, représentant une capacité d’environ 500 mégawatts, mais qui n’auraient pas été concrétisés. Pour lui, le retard dans la réalisation de ces investissements a contribué à fragiliser le système électrique national face aux pics de consommation.
Alors que la Tunisie cherche à renforcer sa production énergétique, notamment à travers les énergies renouvelables, le responsable syndical a assuré que la Fédération générale de l’électricité et du gaz ne s’opposait pas aux investissements dans ce secteur.
La crise électrique de l’été 2026 met ainsi en lumière les difficultés structurelles du système énergétique tunisien : vieillissement des équipements, hausse continue de la demande et retard dans certains projets de production. Si la situation semble évoluer vers une stabilisation progressive, les enquêtes ouvertes devront également déterminer d’éventuelles défaillances dans la gestion opérationnelle ayant accompagné cette période de tension.