Les investissements approuvés dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche ont progressé de 11% à fin juillet 2026. Derrière cette hausse, les chiffres de l’ONAGRI font apparaître un écart important entre les projets déclarés et ceux effectivement approuvés, ainsi qu’une redistribution notable des montants entre les districts.
3798 opérations approuvées
Selon les données de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), 3798 opérations d’investissement ont été approuvées au cours des sept premiers mois de 2026, pour un montant total de 277,087 millions de dinars (MD). En valeur, les investissements approuvés enregistrent ainsi une progression de 11% par rapport à la même période de 2025.
Ce chiffre doit toutefois être distingué de celui des investissements déclarés. Ces derniers atteignent 766,692 MD, en hausse de 16% sur un an.
L’écart entre les deux indicateurs est important : les déclarations correspondent à des intentions ou à des projets déposés, tandis que les approbations traduisent le passage à une étape administrative supplémentaire. Il serait donc prématuré d’assimiler les 766,7 MD déclarés à des investissements déjà réalisés sur le terrain.
Le nombre d’opérations approuvées apporte, lui aussi, un éclairage différent : la progression en valeur ne signifie pas nécessairement une augmentation proportionnelle du volume des projets ou des réalisations physiques.
Le Grand Tunis – Nabeul change d’échelle
La principale évolution concerne la répartition territoriale. Le district du Grand Tunis – Nabeul a enregistré 53,137 MD d’investissements approuvés à fin juillet 2026, contre seulement 16,270 MD un an auparavant.
Le montant a donc plus que triplé en l’espace d’un an. Cette progression modifie sensiblement le poids relatif du district dans l’ensemble des investissements approuvés.
Dans le même temps, la part du district n°3 recule de 43% à 28%. Cette évolution ne signifie pas nécessairement une baisse équivalente des investissements dans ce territoire : elle traduit aussi l’augmentation beaucoup plus rapide enregistrée ailleurs.
La comparaison invite ainsi à regarder au-delà du seul taux de croissance national. Une hausse globale de 11% peut masquer des dynamiques territoriales très différentes, avec certains districts qui renforcent nettement leur poids dans les nouveaux investissements approuvés.
Des chiffres à préciser par filière
L’enjeu est désormais de déterminer ce qui se cache derrière cette progression. Les données globales de l’ONAGRI ne permettent pas, à elles seules, d’identifier les activités qui concentrent les nouveaux investissements : production végétale, élevage, pêche, transformation ou autres activités liées au secteur agricole.
La ventilation par filière, mais aussi la répartition des montants selon la nature des projets et leur localisation, permettraient de mieux mesurer la portée de cette évolution.
Autre indicateur déterminant : les emplois attendus. Le nombre d’emplois prévus par les projets approuvés permettrait de distinguer une progression portée par des investissements fortement capitalistiques d’une dynamique davantage créatrice d’emplois.
À fin juillet, le signal est donc positif sur le plan des approbations, mais il doit être lu avec prudence : 277,087 MD approuvés ne représentent pas 766,692 MD déclarés, et la hausse nationale cache une recomposition géographique particulièrement marquée.
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