Le départ d’une partie du gouvernement vers les lieux saints de l’islam dans le cadre du pèlerinage 2026 suscite une vive polémique sur les réseaux sociaux. L’annonce officielle de la composition de la délégation accompagnant les pèlerins tunisiens à La Mecque a déclenché une vague de réactions, certains internautes s’interrogeant sur la présence de plusieurs ministres dans ce déplacement, alors que le pays traverse une période marquée par une forte flambée des prix et des difficultés économiques persistantes.
Le ministère des Affaires religieuses a annoncé que le ministre des Affaires religieuses, Ahmed Bouhali, président de la délégation officielle des pèlerins tunisiens, s’est rendu mercredi 20 mai 2026 aux lieux saints accompagné d’un important groupe de responsables. La délégation comprend notamment le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le ministre de la Jeunesse et des Sports, ainsi qu’un conseiller auprès de la présidence de la République, des responsables sécuritaires, médicaux et administratifs.
Représenter la République tunisienne durant la saison du Hajj
Selon le communiqué officiel, cette mission vise à représenter la République tunisienne durant la saison du Hajj, considérée comme l’un des plus grands rassemblements religieux du monde musulman. Les autorités ont également mis en avant l’accompagnement des pèlerins tunisiens, notamment des familles de martyrs de la révolution et des victimes d’attentats terroristes.
À l’aéroport, un hommage a été rendu à plusieurs familles de martyrs issues des institutions sécuritaires et militaires tunisiennes. Le ministre des Affaires religieuses a affirmé que l’État tunisien « n’oublie pas les sacrifices des martyrs » et qu’il veille à honorer leurs proches. La délégation officielle a aussi rencontré les pèlerins présents sur le même vol afin de les rassurer sur les conditions d’organisation du voyage et les dispositifs d’encadrement religieux et logistique.
Lire aussi : Tunisie – Hajj 2026 : Le coût du pèlerinage plafonné à 21.000 dinars
Mais sur les plateformes sociales, le débat a rapidement dépassé le cadre religieux et protocolaire. De nombreux commentaires ont critiqué la présence simultanée de plusieurs ministres à La Mecque, estimant que cette participation intervient dans un contexte social particulièrement tendu. Plusieurs internautes ont évoqué la hausse continue des prix des produits de consommation, la cherté de la viande rouge à l’approche de l’Aïd, ainsi que les difficultés quotidiennes des Tunisiens.
La Tunisie envoie traditionnellement une délégation gouvernementale
D’autres voix ont toutefois défendu cette mission officielle, rappelant que la Tunisie envoie traditionnellement une délégation gouvernementale afin d’assurer le suivi des pèlerins et de représenter l’État tunisien durant le pèlerinage. Certains ont également souligné que l’encadrement sanitaire, logistique et diplomatique des milliers de pèlerins tunisiens nécessite une présence officielle sur place.
Cette controverse illustre néanmoins le climat de tension sociale qui règne actuellement dans le pays, où chaque déplacement officiel et chaque dépense publique font désormais l’objet d’un examen attentif sur les réseaux sociaux.