Le blocage de certaines exportations tunisiennes de crevettes rouges vers l’Italie résulte d’un dépassement des quotas de pêche fixés dans le cadre de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM). C’est ce qu’a confirmé la Commission européenne à l’agence italienne Agenzia Nova. Tunis conteste toutefois les données retenues pour fixer son quota et espère obtenir leur révision lors de la prochaine réunion de la CGPM.
Bruxelles applique les règles de la CGPM
Selon la Commission européenne, les captures dépassant le quota attribué à un État sont considérées comme issues de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Les États membres de l’Union européenne sont donc tenus de refuser l’importation des produits concernés.
Le porte-parole de la Commission précise que ces règles s’appliquent à l’ensemble des parties contractantes de la CGPM, y compris la Tunisie. Selon Bruxelles, il s’agit de l’application du cadre réglementaire méditerranéen et non d’une mesure commerciale prise spécifiquement contre les exportations tunisiennes.
Selon les données citées par Agenzia Nova, la Tunisie disposait en 2026 d’un quota de 36.000 kilogrammes de crevettes rouges. Ce quota était déjà épuisé dès le 15 mai. Début juin, les captures certifiées destinées au marché européen atteignaient 50.960 kilogrammes, soit un dépassement de 41,5 % du plafond autorisé. C’est ce dépassement qui explique le blocage des cargaisons concernées sur le marché européen.
Tunis conteste le calcul des quotas
La Tunisie ne remet pas en cause le principe des quotas, mais leur mode de calcul.
Les autorités tunisiennes estiment que le quota actuel repose sur des statistiques historiques incomplètes qui ne reflètent plus le niveau réel des captures de la flotte nationale. Elles ont transmis de nouvelles données aux instances compétentes, constitué une cellule de crise et engagé des discussions afin d’obtenir une révision du quota.
La Commission européenne se dit prête à accompagner la Tunisie dans le respect de ses obligations internationales, sans se prononcer sur l’issue de la demande de révision des quotas.
Une décision attendue en octobre
La question devrait être examinée lors de la réunion annuelle de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée, prévue en octobre 2026.
En attendant une éventuelle révision, les cargaisons dépassant le quota actuellement reconnu restent susceptibles d’être refusées à l’entrée du marché européen. Pour la filière tunisienne de la crevette rouge, l’enjeu est important : l’Union européenne constitue l’un des principaux débouchés de cette production à forte valeur ajoutée. Une révision des quotas pourrait permettre de sécuriser les exportations tout en réduisant le risque de nouveaux blocages.
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