Les coupures répétées d’électricité et d’eau qui ont accompagné la vague de chaleur estivale provoquent une nouvelle tension entre les professionnels du secteur agricole et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). L’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) a directement mis en cause l’opérateur public, estimant que les interruptions prolongées de l’approvisionnement énergétique ont causé des pertes matérielles importantes aux agriculteurs.
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son bureau exécutif élargi, présidé par Moez Ben Zaghdane, l’organisation agricole a affirmé que les délestages intervenus durant les périodes de fortes températures ont entraîné la détérioration de grandes quantités de produits agricoles, notamment des légumes, des fruits, des volailles ainsi que des produits de la pêche.
Un préjudice économique pour les exploitants
Pour l’UTAP, ces pertes ne constituent pas uniquement un préjudice économique pour les exploitants concernés, mais pourraient également avoir des conséquences sur l’approvisionnement régulier du marché en produits alimentaires dans les prochaines semaines.
Face à cette situation, l’organisation appelle le gouvernement à intervenir rapidement afin d’évaluer les dégâts et de mettre en place des mécanismes de réparation au profit des agriculteurs touchés. Une demande qui place la question de la responsabilité des coupures électriques au centre du débat, alors que la Tunisie connaît une forte pression sur son système énergétique durant la période estivale.
Hausse exceptionnelle de la demande en électricité
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par une hausse exceptionnelle de la demande en électricité, liée notamment aux températures élevées qui poussent les ménages et les entreprises à intensifier l’utilisation des équipements de refroidissement. Les perturbations du réseau électrique ont affecté plusieurs secteurs économiques, mais l’agriculture figure parmi les activités les plus vulnérables en raison de sa dépendance aux systèmes d’irrigation, de conservation et d’élevage.
Au-delà de la crise énergétique, l’UTAP a également demandé l’ouverture d’une évaluation technique et scientifique approfondie de la campagne céréalière 2025-2026 afin d’identifier les causes de la baisse des rendements et de la faiblesse de la production, malgré des précipitations jugées importantes.
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L’organisation agricole appelle par ailleurs à anticiper la prochaine saison des semis 2026-2027, en assurant à temps la disponibilité des intrants agricoles afin de limiter le recours aux importations et de renforcer la sécurité alimentaire nationale.
Renforcer leur coordination avec la Pharmacie centrale
Sur le volet sanitaire, l’UTAP a enfin exhorté les services vétérinaires à renforcer leur coordination avec la Pharmacie centrale pour garantir l’approvisionnement en vaccins et médicaments nécessaires à la protection du cheptel contre les maladies.
La montée au créneau de l’UTAP intervient alors que la gestion de la crise électrique fait l’objet de critiques croissantes de la part de plusieurs secteurs économiques, qui réclament davantage de solutions structurelles pour réduire l’impact des coupures sur l’activité nationale.