Le bras de fer entre les entreprises et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) franchit un nouveau cap. Dans un communiqué publié jeudi 23 juillet, l’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE) accuse les coupures répétées et non programmées d’électricité d’avoir causé d’importants préjudices au tissu économique et annonce la mise en place d’une cellule juridique pour accompagner les entreprises dans des actions en justice. Elle réclame également des mesures urgentes pour limiter l’impact de cette crise énergétique.
Les coupures d’électricité accusées de fragiliser l’économie
Pour l’ONE, les délestages à répétition ne peuvent plus être considérés comme de simples incidents techniques. L’organisation estime qu’ils mettent en péril la continuité de l’activité économique, perturbent les chaînes de production et portent atteinte à l’investissement ainsi qu’à l’emploi.
Dans son communiqué, elle dresse un constat sévère de la situation, dénonçant des défaillances structurelles dans la gestion du système énergétique national. L’organisation évoque notamment un manque de planification stratégique, une vision à court terme et l’incapacité à assurer un approvisionnement électrique continu, pourtant essentiel au fonctionnement des entreprises.
Les inquiétudes exprimées par l’Organisation nationale des entrepreneurs font écho aux difficultés rencontrées par plusieurs secteurs d’activité. Après les industriels, les commerçants et les grandes surfaces, la Chambre nationale des propriétaires de restaurants a récemment indiqué que près de 70% des établissements ont été touchés par les coupures d’électricité durant la vague de chaleur, entraînant d’importantes pertes de denrées périssables, des interruptions de service et des annulations de réservations.
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Face à ces préjudices, les restaurateurs réclament eux aussi des mesures de compensation et un renforcement des moyens alloués à la STEG afin de limiter les délestages, estimant que la crise énergétique menace désormais l’ensemble du tissu économique.
Une cellule juridique pour engager des poursuites
Face aux pertes enregistrées par de nombreuses entreprises, l’ONE passe à l’action. Elle annonce la création d’une cellule composée d’avocats et d’experts en droit chargés d’accompagner les entreprises touchées dans la constitution de leurs dossiers, la collecte des preuves et l’engagement des procédures judiciaires.
L’organisation affirme étudier tous les recours possibles et n’exclut aucune action devant les juridictions compétentes. Elle considère que la STEG porte la responsabilité des dommages subis et invite les entreprises concernées à transmettre factures, rapports techniques et tout document permettant d’évaluer les pertes occasionnées par les coupures.
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Des indemnisations et un plan d’urgence réclamés
Au-delà des actions judiciaires, l’ONE appelle les pouvoirs publics à mettre en œuvre une série de mesures immédiates pour limiter les conséquences des délestages sur le tissu économique.
Elle demande notamment de garantir en priorité l’alimentation électrique des zones industrielles et des unités de production, de créer une cellule nationale de crise réunissant les différents intervenants, de mettre en place un mécanisme transparent de déclaration et d’évaluation des dommages et d’instaurer un dispositif d’indemnisation pour les entreprises dont les pertes seront dûment établies.
Créée en 2020, l’Organisation nationale des entrepreneurs regroupe des petites et moyennes entreprises, des artisans, des commerçants, des professions libérales ainsi que des acteurs des secteurs de l’agriculture, de l’industrie, du commerce et des services.
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