Le mouvement Ennahdha a vivement réagi aux lourdes condamnations prononcées par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis dans le dossier dit de l’“appareil secret”, qualifiant ces décisions de rupture grave avec les principes d’un procès équitable et d’“instrumentalisation politique de la justice”.
Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, le parti affirme que cette affaire repose, selon lui, sur une logique de conflit politique plus que sur des fondements pénaux. Il soutient que l’origine du dossier serait une plainte émanant de parties politiques et non d’une enquête initiée par des structures sécuritaires ou judiciaires, ce qui, selon Ennahdha, confirmerait la nature “politique” du contentieux.
Poursuites avaient été engagées contre des figures
Le mouvement rappelle également que certains éléments centraux du dossier avaient déjà été examinés par la justice en 2013, période durant laquelle des poursuites avaient été engagées contre des figures citées dans cette affaire, avant qu’une peine de prison ne soit purgée par l’un des principaux accusés. Pour Ennahdha, la réactivation du dossier plusieurs années plus tard ne s’expliquerait que par un changement de contexte politique intervenu après 2021, marqué par un rapport conflictuel entre le pouvoir en place et ses opposants.
Le parti critique par ailleurs le déroulement du procès, dénonçant des audiences à huis clos qui auraient empêché, selon lui, la transparence et la surveillance de l’opinion publique. Cette absence de publicité des débats est présentée comme un facteur remettant en cause les garanties d’un procès équitable.
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S’agissant des éléments de preuve, Ennahdha affirme que les accusations reposeraient sur des témoignages jugés peu fiables, provenant de personnes impliquées dans d’autres affaires et dont les déclarations seraient, selon le mouvement, motivées par des intérêts judiciaires. Le parti soutient également que des documents présentés par la défense auraient contredit l’existence d’un “appareil secret” structuré.
Condamnations sévères visant notamment Rached Ghannouchi
Enfin, le mouvement condamne ce qu’il qualifie de “condamnations sévères” visant notamment son président Rached Ghannouchi, ainsi que d’autres responsables du parti. Il estime que ces décisions judiciaires traduisent une dérive du système judiciaire et appelle à la libération des personnes incarcérées dans ce dossier, tout en exhortant les autorités à se concentrer sur les difficultés économiques et sociales du pays plutôt que sur les poursuites à caractère politique.
À travers cette prise de position, Ennahda maintient sa ligne de défense habituelle dans ce dossier sensible, qu’elle continue de présenter comme un contentieux à forte dimension politique plutôt qu’une affaire strictement pénale.