Nouveau développement judiciaire dans l’affaire de l’assassinat du martyr Chokri Belaïd. La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a condamné, mardi soir, l’homme d’affaires Fathi Dammak à 38 ans de prison.
Cette condamnation intervient dans le cadre du dossier de la « cellule de surveillance, de recrutement et de planification des assassinats » visant plusieurs journalistes, magistrats, responsables politiques et personnalités nationales. Le nom de Chokri Belaïd figure parmi les principales cibles mentionnées dans cette affaire.
Le tribunal a également prononcé des peines de 20, 30 et 34 ans de prison contre plusieurs autres accusés impliqués dans le même dossier. Parmi eux figurent un cadre sécuritaire relevant de la Direction des renseignements ainsi qu’un membre du bureau régional du Mouvement Ennahdha à Ben Arous.
Un dossier séparé de l’exécution de l’assassinat
Cette affaire constitue l’un des volets du vaste dossier lié à l’assassinat de Chokri Belaïd. Le juge d’instruction avait auparavant décidé de scinder l’enquête en deux dossiers distincts.
Le premier concerne les opérations de surveillance, de recrutement et de planification attribuées à une cellule organisée, tandis que le second porte directement sur l’exécution de l’assassinat de l’opposant politique tunisien, survenu le 6 février 2013.
Le comité de défense évoquait une “cellule secrète”
Le comité de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi avait, à plusieurs reprises, affirmé que cette cellule était impliquée dans des opérations de repérage, de collecte d’informations et de suivi de plusieurs personnalités politiques et médiatiques.
Les avocats du comité considèrent ce dossier comme l’un des principaux axes de l’enquête sur les assassinats politiques ayant marqué la Tunisie en 2013.