Le département des offices et des institutions publiques de l’Union générale tunisienne du travail a réaffirmé, lundi 11 mai 2026, son rejet catégorique de toute forme de cession du quai vrac solide du port de Radès, relevant de la Société tunisienne d’acconage et de manutention.
Dans un communiqué publié à l’issue d’une assemblée générale syndicale des agents de la STAM, l’organisation syndicale a estimé qu’une telle démarche porterait atteinte au rôle de l’entreprise publique ainsi qu’à la souveraineté nationale.
L’UGTT dénonce un appel d’offres controversé
Le département a souligné que le quai vrac solide représente une activité historique et stratégique pour la STAM, rejetant sa présentation comme un « nouveau projet » dans le cadre de l’appel d’offres n°3/2026.
Selon le communiqué, la société exploitait ce quai jusqu’en 2019, avant le lancement des travaux d’aménagement. L’arrêt de l’activité entre 2019 et 2025 aurait entraîné des pertes estimées à près de 20 millions de dinars.
L’organisation syndicale affirme toutefois que la STAM a continué à assurer le service public dans des conditions difficiles, tout en préparant une étude de développement du quai et en mobilisant près de 40 millions de dinars pour l’acquisition de nouveaux équipements.
« Une cession déguisée » au détriment de l’intérêt national
Les participants à l’assemblée ont estimé que l’intégration de cette activité dans le cadre d’appels d’offres ouvre la voie à une « cession déguisée » au profit d’intérêts qui, selon eux, « ne servent pas l’intérêt national ».
Ils ont également mis en garde contre les conséquences d’un transfert partiel des activités portuaires vers ce quai, estimant qu’une telle orientation risquerait d’affaiblir le rôle des ports intérieurs et de déséquilibrer l’ensemble du système portuaire tunisien.
Menace de grève générale dans les ports
Le département des offices et institutions publiques de l’UGTT a par ailleurs dénoncé le « silence » du ministère des Transports, de l’Autorité générale du partenariat public-privé et de l’Office de la marine marchande et des ports face aux demandes de réunion urgente adressées par les représentants syndicaux.
Les travailleurs de la STAM ont réaffirmé leur attachement au droit de l’entreprise à récupérer et exploiter cette activité, tenant les autorités de tutelle pour responsables de l’évolution du dossier.
Ils se sont déclarés prêts à engager plusieurs formes de protestation, y compris une grève générale dans tous les ports du pays ainsi qu’une conférence de presse destinée à exposer les détails de l’affaire à l’opinion publique.