Un nouveau report dans l’un des volets judiciaires les plus sensibles liés au dossier de l’assassinat de Chokri Belaïd. La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis a décidé, ce mardi 23 juin, de reporter au 6 juillet prochain l’examen du procès en appel impliquant notamment l’ancien procureur de la République Béchir Akremi et le dirigeant du mouvement Ennahdha Habib Ellouze.
L’affaire porte sur des accusations liées à la gestion du dossier Belaïd et intervient plusieurs mois après les lourdes condamnations prononcées en première instance contre plusieurs prévenus.
Un double renvoi dans un dossier toujours explosif
Selon les informations judiciaires, la chambre spécialisée a reporté l’examen d’un premier dossier dans lequel comparaissent Béchir Akremi, Habib Ellouze, un ancien imam d’une mosquée de Tunis ainsi que plusieurs autres accusés.
La juridiction a également décidé de renvoyer à la même date un second dossier visant l’ancien magistrat. Cette procédure concerne des soupçons de manquements procéduraux et juridiques qui auraient été commis lors de la supervision de l’instruction liée à l’assassinat de Chokri Belaïd.
Ce nouveau report repousse ainsi l’examen en appel d’un dossier qui continue d’occuper une place particulière dans le paysage politique et judiciaire tunisien, plus de treize ans après l’assassinat du dirigeant de gauche survenu le 6 février 2013.
Des peines de prison lourdes en première instance
Le 4 mars 2026, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du Tribunal de première instance de Tunis avait rendu un jugement particulièrement attendu.
Béchir Akremi avait été condamné à un total de 23 ans de prison dans deux affaires distinctes en lien avec le dossier Belaïd. Les poursuites retenues contre l’ancien procureur portent notamment sur la dissimulation de documents et de pièces considérés comme déterminants pour l’enquête.
Habib Ellouze avait, pour sa part, écopé d’une peine de treize ans de prison. Plusieurs autres accusés avaient également été condamnés dans le cadre de la même affaire.
À l’issue de ce jugement, l’ensemble des condamnés avait interjeté appel. Le comité de défense de Chokri Belaïd avait lui aussi contesté certains aspects de la décision, ouvrant ainsi la voie à un nouveau procès devant la Cour d’appel.
Ennahdha conteste les verdicts et dénonce des irrégularités
Les condamnations prononcées en mars avaient suscité de vives réactions, notamment de la part du mouvement Ennahdha.
Dans un communiqué publié après le verdict, le parti avait dénoncé un procès qu’il considérait comme dépourvu des garanties nécessaires d’indépendance et d’équité. Ennahdha avait soutenu que les poursuites visant Habib Ellouze découlaient d’une affaire ouverte en 2023 pour des soupçons d’intervention auprès de la justice en faveur d’un prévenu, tout en affirmant qu’aucune implication de son dirigeant n’avait été démontrée.
Le mouvement avait également contesté les accusations visant Béchir Akremi, estimant que ce dernier n’était pas le magistrat directement chargé du dossier concerné. Ennahdha avait par ailleurs dénoncé plusieurs irrégularités procédurales et critiqué certains traitements médiatiques de l’affaire.
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