Le débat autour de l’avenir du complexe chimique de Gabès se poursuit après la visite effectuée par le président de la République, Kaïs Saïed, dans la région de Chott Essalem. Les militants engagés dans la lutte contre la pollution contestent notamment l’idée selon laquelle seules les unités devenues obsolètes devraient être démantelées, estimant que l’ensemble des installations du complexe présente aujourd’hui un problème environnemental.
Intervenant mardi 11 août 2026 sur les ondes de la Radio nationale, le militant de la campagne « Stop Pollution », Kheireddine Dbaya, a affirmé que toutes les unités du Groupe chimique tunisien à Gabès sont polluantes et ne respectent pas les normes environnementales, en s’appuyant, selon lui, sur les données officielles disponibles.
« Toutes les unités sont polluées et non conformes aux normes environnementales », a-t-il déclaré, soulignant que le complexe, créé dans les années 1970 avec une technologie datant des années 1950, serait aujourd’hui dans un état de vétusté avancé.
Les militants contestent l’idée d’un maintien des unités réparées
Cette position intervient suite aux déclarations du président de la République lors de sa visite à Gabès. Kaïs Saïed avait indiqué que les unités jugées non conformes et devenues inutilisables seraient démantelées, tandis que celles ayant fait l’objet de réparations et ne générant plus d’émissions polluantes pourraient continuer à fonctionner. Une approche que les militants de Gabès ne semblent pas partager.
Kheireddine Dbaya estime en effet que le problème ne se limite pas à certaines installations défectueuses. Selon lui, même en l’absence de panne ou de dysfonctionnement technique, les émissions de gaz chimiques provenant des unités peuvent dépasser très largement les seuils autorisés.
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Il affirme que ces dépassements peuvent atteindre 40 à 50 fois les normes nationales et, dans certains cas, jusqu’à 300 fois les seuils fixés, avec des conséquences directes sur les habitants, notamment des épisodes d’étouffement.
« Le démantèlement doit être immédiat »
Pour le militant, les données techniques et les études réalisées sur le complexe plaident en faveur d’un démantèlement global des unités industrielles concernées.
Il estime ainsi que le démantèlement ne devrait pas être limité aux installations considérées comme obsolètes, mais s’inscrire dans une feuille de route urgente permettant de sortir progressivement de la situation actuelle.
« Il n’y aura pas de recul » sur cette revendication, a-t-il affirmé, réitérant la demande des militants de voir les unités du complexe chimique démantelées.
Au-delà de la question industrielle, le dossier reste ainsi au cœur des préoccupations environnementales et sanitaires à Gabès. La principale divergence porte désormais sur la méthode : maintenir certaines unités après réparation et contrôle de leurs émissions, comme l’a évoqué le président de la République, ou engager un démantèlement beaucoup plus large, comme le réclament les militants.