La politique migratoire de Donald Trump franchit un nouveau cap. Le département d’État américain a annoncé lundi avoir annulé plus de 175 000 visas depuis le retour du président républicain à la Maison-Blanche, dans le cadre d’un vaste durcissement du contrôle de l’immigration et de l’accès au territoire américain.
Selon le département d’État, les annulations concernent principalement des étrangers accusés d’avoir enfreint les conditions de leur visa, commis des infractions, fraudé le système migratoire, appelé à la violence contre des Américains ou représenté une menace pour la sécurité nationale. Les autorités américaines indiquent que la majorité des révocations sont intervenues après des interactions avec les forces de l’ordre, notamment dans des affaires d’agression, de conduite sous l’influence de l’alcool, de vol ou encore de stupéfiants.
Washington affirme également avoir ciblé des dossiers beaucoup plus sensibles, notamment des personnes poursuivies pour viol, agression sexuelle, enlèvement ou traite des êtres humains.
Plus de 100 visas annulés en Afrique du Nord
L’un des éléments les plus remarqués dans l’annonce américaine concerne l’Afrique du Nord. Le département d’État indique qu’une ambassade américaine de la région a annulé plus de 100 visas de parents considérés comme pratiquant le « birth tourism », c’est-à-dire des voyages aux États-Unis dont l’objectif principal serait de donner naissance afin que l’enfant puisse obtenir la citoyenneté américaine.
Cette opération s’inscrit dans une offensive plus large contre les réseaux soupçonnés d’organiser le « birth tourism ». En juin, le département d’État avait déjà annoncé avoir démantelé plusieurs réseaux internationaux et avoir utilisé l’analyse de données et le croisement d’informations pour identifier des demandeurs soupçonnés d’avoir détourné le système de visas.
Une politique qui dépasse largement le seul « birth tourism »
L’annonce des 175 000 révocations intervient alors que l’administration Trump a multiplié les mesures visant à rendre l’accès aux États-Unis plus difficile.
Depuis janvier 2026, Washington a notamment suspendu la délivrance de visas d’immigration pour les ressortissants de 75 pays, une liste qui comprend plusieurs pays nord-africains, dont l’Algérie, l’Égypte, la Libye, le Maroc et la Tunisie. Cette mesure concerne les visas d’immigration et ne signifie pas une interdiction générale des voyages touristiques aux États-Unis.
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La Tunisie est par ailleurs directement concernée par une autre mesure : depuis avril, les ressortissants tunisiens demandant certains visas de visite peuvent être soumis à une caution pouvant atteindre 15 000 dollars, remboursable sous certaines conditions. Le dispositif vise officiellement à lutter contre les dépassements de séjour et l’immigration irrégulière.
Quelles conséquences pour les Tunisiens ?
Pour la Tunisie, l’évolution de la politique américaine pourrait surtout se traduire par un durcissement du filtrage consulaire. Les demandeurs de visa peuvent être confrontés à un examen plus attentif de leurs ressources, de leur projet de voyage, de leur historique migratoire et, plus largement, de leur conformité aux conditions du visa.
Cette évolution est particulièrement sensible pour les Tunisiens alors que le pays figure parmi ceux concernés par le mécanisme de caution pour les visas de visite. Pour les voyageurs ordinaires, le coût financier potentiel constitue déjà une barrière importante ; pour les étudiants, les familles et les personnes ayant des projets professionnels ou touristiques, le renforcement du contrôle peut également accroître l’incertitude autour de l’obtention du visa.
Le durcissement américain intervient aussi dans un contexte où Washington renforce le contrôle des réseaux sociaux dans ses procédures de sélection et de contrôle des visas. L’administration Trump affirme vouloir identifier plus rapidement les personnes susceptibles de violer les lois américaines ou de représenter une menace pour la sécurité nationale.
Un signal pour les candidats à l’immigration
Au-delà des chiffres, les plus de 175 000 révocations illustrent un changement de philosophie : l’administration Trump entend considérer le visa non comme un acquis durable, mais comme un privilège pouvant être retiré lorsque les autorités estiment que ses conditions ont été violées.
Cette politique pourrait avoir des effets indirects importants en Afrique du Nord, notamment sur les personnes qui envisagent les États-Unis pour leurs études, leurs affaires, le tourisme ou l’installation familiale. Pour la Tunisie, déjà concernée par plusieurs mesures américaines de contrôle migratoire en 2026, l’évolution américaine constitue donc un nouveau facteur de vigilance pour les futurs demandeurs de visas.
Le département d’État avait annoncé en janvier avoir déjà annulé plus de 100 000 visas. Le passage à plus de 175 000 en août témoigne ainsi de l’ampleur prise par la politique de contrôle migratoire de la seconde administration Trump.