Après la crise migratoire sans précédent qui a vu plus de 50 000 migrants franchir en moins de 24 heures la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta, faisant au moins 57 morts, l’Italie a annoncé vendredi la suspension temporaire des dispositions de l’espace Schengen avec l’Espagne pour une durée d’un mois.
Des contrôles rétablis pendant un mois
Le gouvernement de Giorgia Meloni a décidé de réintroduire des contrôles sur les voyageurs arrivant d’Espagne par voie aérienne et maritime. Si l’Italie et l’Espagne ne partagent pas de frontière terrestre, cette mesure met temporairement fin à la libre circulation entre les deux pays dans le cadre de l’espace Schengen.
Les passagers devront à nouveau présenter leurs documents d’identité lors de leur arrivée en Italie. Le ministère italien de l’Intérieur précise que les contrôles viseront notamment les ressortissants de pays tiers afin de vérifier qu’ils remplissent les conditions d’entrée sur le territoire européen.
Une réponse directe à la crise de Ceuta
Cette décision intervient au lendemain d’un afflux migratoire d’une ampleur inédite à Ceuta. Selon les dernières estimations, plus de 50 000 personnes ont franchi la frontière séparant le Maroc de l’enclave espagnole en moins de vingt-quatre heures, un chiffre sans précédent dans l’histoire récente de cette frontière.
Le bilan humain s’est également alourdi. Au moins 57 personnes ont perdu la vie, principalement par noyade ou lors de mouvements de foule aux abords des points de passage. Face à cette situation, Madrid a mobilisé l’armée et renforcé les moyens de sécurité dans l’enclave.
Madrid affirme avoir inversé la tendance
Les autorités espagnoles ont annoncé vendredi soir que plus de 48 000 migrants étaient déjà retournés au Maroc, la plupart de manière volontaire. Le gouvernement de Pedro Sánchez estime ainsi avoir repris progressivement le contrôle de la situation, même si la crise continue de susciter de vives réactions en Europe. (Reuters)
Une pression européenne croissante
L’Italie n’est pas la seule à avoir réagi. La France a annoncé un renforcement des contrôles à la frontière franco-espagnole, tandis que plusieurs responsables européens appellent à un durcissement de la politique migratoire de l’Union.
En rétablissant temporairement les contrôles avec l’Espagne, Rome invoque les dispositions du Code frontières Schengen, qui autorisent un État membre à réintroduire des contrôles aux frontières intérieures lorsqu’il estime que l’ordre public ou la sécurité intérieure sont menacés.
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