Deux ouvrières ont perdu la vie et treize autres ont été blessées dans un nouvel accident survenu sur l’axe Regueb–Mazouna, lorsqu’une camionnette de type « Isuzu » transportant des travailleuses agricoles s’est renversée à proximité de l’entrée nord de Mazouna. Un énième drame qui relance, une fois encore, la question du transport rural des ouvrières agricoles.
Un mode de transport sous haute vulnérabilité
Dans ce type d’accidents, le schéma se répète : des véhicules utilitaires légers, souvent utilisés pour transporter des dizaines de travailleuses agricoles, circulant sur des routes secondaires parfois dégradées, avec des conditions de sécurité limitées.
Dans le cas de Mazouna, les victimes se rendaient sur leur lieu de travail lorsque le véhicule s’est renversé. Le bilan est lourd : deux décès sur place et treize blessées, dont un cas grave nécessitant une intervention spécialisée à Sfax en raison d’une blessure à la main, selon le docteur Abdelkrim Gharbi, chef adjoint du service des patients à l’hôpital universitaire de Sidi Bouzid.
Ce type de transport, largement utilisé dans plusieurs régions agricoles, reste au cœur de critiques récurrentes en raison de son inadéquation avec le nombre de passagers et les conditions de circulation.
Des secours rapides mais un système structurel fragilisé
Les équipes de la protection civile de Regueb et de Mazouna sont intervenues rapidement pour prendre en charge les victimes et les transférer vers les structures sanitaires locales. Certaines ont ensuite été orientées vers l’hôpital universitaire de Sidi Bouzid en fonction de la gravité de leur état.
Si la réponse d’urgence est mobilisée à chaque accident, elle intervient systématiquement après le drame. Le problème de fond reste celui des conditions de transport initiales, souvent dénoncées mais encore largement présentes dans les zones rurales.
Un phénomène qui dépasse le seul accident de Mazouna
L’accident de ce vendredi s’inscrit dans une série de drames similaires impliquant des travailleuses agricoles, régulièrement exposées aux risques de circulation dans des véhicules inadaptés.
Au-delà du fait divers, ces accidents posent la question plus large de l’organisation du transport rural, de la sécurité des déplacements professionnels et de la dépendance à des moyens de transport informels dans certaines régions.
Tant que ces conditions perdureront, les routes rurales continueront d’être le théâtre d’accidents aux conséquences humaines lourdes, touchant en premier lieu des travailleuses parmi les plus vulnérables du secteur agricole.
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