Hajer vit à l’Ariana et travaille à Sidi Bou Said. Tous les jours, elle fait la navette entre ces deux villes et emprunte au moins deux moyens de transport pour rejoindre la colline mystique.
Hajer tient un minuscule estaminet qui se trouve au bout du parking de Sidi Bou Said, presque devant la demeure du Baron d’Erlanger.
Caché par les arbres, entouré de quelques chaises, le stand de Hajer est illuminé par le sourire et la générosité de la maîtresse des lieux.
Hajer n’hésite jamais à offrir des gâteaux ou à faire goûter son plat du jour. Entre deux fournées, elle se rend sur la grande avenue du village et propose aux passantes, un tatouage.
Experte dans l’art du harqous, elle dessine des arabesques sur les mains qui lui sont tendues et les pare ainsi de motifs aériens ou de calligraphies.
Elle revient ensuite à son échoppe servir ses clients et cuisiner ses petits plats, sans dételer un seul instant. Sereine et infatigable, Hajer a le bonheur sur son visage et sait mettre son cœur, tout son cœur, à l’ouvrage.