La flambée des coûts liés aux demandes de visa revient au cœur des préoccupations en Tunisie. La Organisation tunisienne pour l’orientation du consommateur a de nouveau dénoncé, mardi, les dérives entourant les services de traitement des dossiers de visa assurés par des sociétés d’intermédiation privées, estimant que les frais peuvent désormais dépasser les 1 000 dinars pour certains demandeurs.
Invité sur Jawhara FM, le président de l’organisation, Lotfi Riahi, a affirmé que ces pratiques constituent « un problème majeur », alors que de plus en plus de Tunisiens se tournent vers des agences de voyages et des intermédiaires pour espérer obtenir un rendez-vous de visa dans des délais raisonnables.
Des sociétés spécialisées
Selon lui, plusieurs agences collaborent avec des sociétés spécialisées qui prennent en charge l’ensemble du parcours administratif : réservation des rendez-vous, constitution des dossiers, accueil des demandeurs et suivi des procédures. En contrepartie, les citoyens supportent des coûts jugés excessifs, souvent justifiés par des promesses d’accélération du traitement ou d’amélioration de la qualité du service.
Ce n’est pas la première fois que la Organisation tunisienne pour l’orientation du consommateur tire la sonnette d’alarme sur ce dossier sensible. L’organisation avait déjà dénoncé, à plusieurs reprises ces dernières années, les dépassements observés autour des demandes de visa, notamment la spéculation sur les rendez-vous et les frais supplémentaires imposés aux demandeurs.
Dans un récent communiqué, l’organisation a également mis en garde contre « les déséquilibres portant atteinte aux principes de transparence, de concurrence loyale et de protection des données personnelles ». Elle estime que l’essor des sociétés d’intermédiation privées a progressivement transformé les démarches de visa en un marché particulièrement lucratif.
Des coûts de plus en plus lourds
Cette situation intervient dans un contexte où la demande de visas Schengen reste très forte en Tunisie, notamment pour les voyages touristiques, les études ou encore les déplacements professionnels. De nombreux candidats dénoncent depuis plusieurs mois la difficulté d’obtenir des rendez-vous auprès des centres de dépôt officiels, alimentant le recours aux intermédiaires.
Pour plusieurs observateurs, cette dépendance croissante aux sociétés privées accentue les inégalités entre les demandeurs, certains étant contraints de payer des sommes importantes pour accéder à des services censés rester accessibles à tous.
