Sur l’avenue Habib Bourguiba, au cœur de la capitale, une initiative commerciale et agricole a été lancée sur une superficie d’environ 450 m² : une “tente du producteur au consommateur” destinée à proposer des produits agricoles et alimentaires directement au public, à des prix alignés sur ceux des marchés de gros.
Selon le responsable du développement des exportations au sein du groupement professionnel des fruits et légumes, Tarak Tira, cette opération réunit entre 15 et 20 exposants. L’offre est volontairement diversifiée : légumes, fruits, poissons, fromages, viandes, volailles, huile d’olive ainsi que divers produits transformés issus de la valorisation agricole.
Célébrations de la fête nationale de l’agriculture
L’événement, qui se poursuit jusqu’au 16 mai, s’inscrit dans le cadre des célébrations de la fête nationale de l’agriculture. Il est organisé par les groupements professionnels concernés et l’Office des terres domaniales, sous l’égide du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime de Tunisie.
Ce type d’initiative s’inscrit dans une logique désormais récurrente en Tunisie : tenter de réduire les intermédiaires entre producteurs et consommateurs afin de contenir les prix à la consommation, dans un contexte où les ménages font face à une forte sensibilité au coût des produits alimentaires.
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Mais ces dispositifs restent limités dans le temps et dans l’espace. Ils apparaissent souvent lors d’événements ponctuels, de fêtes nationales ou de campagnes saisonnières, sans s’inscrire dans une organisation structurelle durable du marché.
Une expérience pilote ou un modèle reproductible ?
La question centrale demeure celle de la portée réelle de ce type de “tentes de vente directe”. S’agit-il d’un simple outil de communication institutionnelle autour de l’agriculture nationale, ou d’un modèle économique susceptible d’être élargi à l’échelle du pays ?
La présence de structures publiques comme le Ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime de Tunisie et de l’Office des terres domaniales suggère une volonté d’encadrement et de soutien institutionnel. Mais la question de la généralisation reste ouverte : ces marchés éphémères peuvent-ils réellement concurrencer les circuits classiques dominés par une multiplicité d’intermédiaires ?
Quels effets réels sur les prix et le pouvoir d’achat ?
Au-delà de l’effet d’annonce, l’impact sur les prix à grande échelle reste difficile à mesurer. La taille limitée de l’opération, la durée courte et le nombre restreint d’exposants réduisent mécaniquement son influence sur le marché national.