Le tribunal de première instance de Tunis a tenu, lundi 11 mai 2026, une première audience consacrée aux procédures de dissolution visant les associations Al Khatt et Mnemty. L’examen de l’affaire a finalement été reporté au 1er juin prochain.
Inkyfada indirectement visé à travers Al Khatt
La procédure engagée contre Al Khatt concerne indirectement le média d’investigation Inkyfada, édité par l’association depuis 2014.
Créée en décembre 2013 conformément au décret-loi 88 relatif aux associations, Al Khatt affirme avoir développé des projets d’intérêt public dans les domaines de l’éducation aux médias, du journalisme indépendant et de l’accompagnement des organisations de la société civile.
Dans un communiqué publié le 21 avril 2026, l’organisation expliquait faire face, depuis fin 2023, à une série de mesures bancaires, administratives et judiciaires. Elle assurait avoir transmis l’ensemble des documents demandés par les autorités et exercé les recours prévus par la loi, tout en dénonçant des pressions croissantes affectant son fonctionnement.
L’association évoquait notamment des blocages de financements pendant plusieurs mois ainsi que des entraves à certaines opérations financières pourtant déclarées et documentées.
Le décret-loi 88 au cœur des tensions
Cette affaire intervient alors que le cadre juridique régissant les associations fait actuellement l’objet d’un débat au sein de l’Assemblée des représentants du peuple.
Plusieurs responsables politiques ont récemment plaidé pour une révision du décret-loi 88 de 2011, notamment concernant les financements étrangers des ONG et les mécanismes de contrôle financier.
Mnemty également sous pression
L’association Mnemty, fondée par la militante antiraciste Saadia Mosbah, fait également l’objet de pressions depuis plusieurs mois.
Active dans la lutte contre le racisme, la promotion de la diversité et la défense des minorités en Tunisie, l’organisation avait annoncé en octobre 2025 la suspension de ses activités pour une durée de trente jours à la suite d’une décision administrative.
Saadia Mosbah, a été condamnée, le 19 mars dernier à huit ans d’emprisonnement. Arrêtée le 5 mai 2024 pour des soupçons de blanchiment d’argent et de corruption financière, elle avait fait l’objet d’un mandat de dépôt le 16 mai 2024.