La Tunisie sera représentée à haut niveau aux réunions de printemps 2026 du FMI et de la Banque mondiale, prévues du 13 au 18 avril à Washington. Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fathi Zouhair Nouri, et le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, y sont attendus à partir du 14 avril, dans un contexte où Tunis cherche à préserver ses marges avec le FMI tout en consolidant son partenariat actif avec la Banque mondiale.
Une séquence diplomatique et financière très observée
La participation du gouverneur de la BCT s’inscrit dans son rôle de membre du Conseil des gouverneurs du FMI, avec à l’agenda plusieurs consultations bilatérales avec la direction du Fonds, des gouverneurs de banques centrales de la région MENA ainsi que des bailleurs internationaux.
De son côté, le ministre de l’Économie représentera l’État tunisien au sein du Conseil des gouverneurs de la Banque mondiale, avec une série de rencontres destinées à présenter l’état d’avancement des réformes économiques, sociales et de développement engagées par le pays.
Au-delà du protocole, cette visite constitue une fenêtre stratégique pour rassurer les partenaires financiers internationaux sur la trajectoire tunisienne, notamment dans les dossiers liés à l’investissement, à l’emploi et à la résilience économique.
FMI : un dialogue gelé, mais un canal politique maintenu
Cette présence à Washington intervient alors que les relations entre Tunis et le FMI restent suspendues depuis 2022, après le refus tunisien de certaines conditions liées à la réforme des subventions énergétiques et des entreprises publiques, malgré l’accord technique conclu à l’époque sur un prêt de 1,9 milliard de dollars.
Le déplacement ne signifie pas automatiquement une relance formelle du programme, mais il permet à la Tunisie de maintenir un canal de discussion politique et institutionnel, dans un contexte mondial marqué par des tensions financières persistantes et un accès plus coûteux aux financements.
Banque mondiale : l’eau et l’emploi rural au cœur des échanges
Le véritable levier tunisien à Washington pourrait toutefois venir du partenariat avec la Banque mondiale, qui reste dynamique.
Quelques jours avant ces réunions, l’institution a validé deux financements totalisant 332,5 millions de dollars, soit près de 971 millions de dinars, consacrés à l’eau potable, à la modernisation de l’irrigation et à la création d’emplois dans les zones rurales.
Ces projets constituent la première étape du programme de sécurité hydrique et de résilience, un thème qui sera justement au centre des Spring Meetings 2026, organisées sous le slogan « Créer de la prospérité grâce aux politiques publiques ».