Les tensions géopolitiques impliquant l’Iran commencent à produire des effets bien au-delà du Golfe. En Europe, la crainte de perturbations sur les marchés énergétiques pousse plusieurs pays à sécuriser leurs approvisionnements en gaz. Dans ce contexte, la Tunisie apparaît comme un bénéficiaire indirect mais réel de cette recomposition.
La visite de Giorgia Meloni en Algérie, ce 25 mars 2026, illustre ce basculement. Rome cherche à augmenter ses importations de gaz algérien pour réduire sa dépendance à des routes plus exposées aux tensions au Moyen-Orient, notamment celles liées au GNL transitant par des zones sensibles proches de l’Iran.
Pour la Tunisie, les retombées sont multiples
Au cœur de cette reconfiguration : le gazoduc TransMed, qui relie l’Algérie à l’Italie en passant par le territoire tunisien. Cette infrastructure stratégique, déjà essentielle pour l’approvisionnement énergétique européen, retrouve une centralité accrue dans un contexte d’incertitude.
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D’abord, le pays bénéficie de redevances de transit, généralement perçues en partie sous forme de gaz. Plus les volumes acheminés augmentent, plus ces revenus – directs ou en nature – peuvent croître, offrant un levier non négligeable dans un contexte énergétique tendu.
Ensuite, cette situation renforce la valeur géostratégique du territoire tunisien. En devenant un maillon indispensable de la sécurité énergétique européenne, Tunis gagne en importance dans les équilibres régionaux, notamment vis-à-vis de partenaires comme l’Italie.
Ouvrir la voie à de nouvelles opportunités
Enfin, cette dynamique pourrait ouvrir la voie à de nouvelles opportunités d’investissement dans les infrastructures énergétiques, voire à une renégociation implicite des conditions de transit à moyen terme, si la demande européenne continue de se déplacer vers l’axe algérien.
Mais ce “gain” reste relatif. La Tunisie demeure dépendante de facteurs externes qu’elle ne contrôle pas : évolution du conflit, capacités de production algériennes, ou encore politiques énergétiques européennes. De plus, une hausse globale des prix de l’énergie liée aux tensions internationales pourrait aussi peser sur son économie.