Créateur de babouches ! C’est au fond le métier de Nizar Fitouri qui, au cœur du souk des balghajiyas, est toujours penché sur son établi, veillant aux textures du cuir, aux proportions des pièces et à l’harmonie de l’assemblage.
Ici, tout est fait main, par un homme seul face à ses mains, son art et une tradition immémoriale héritée de son père.
Nizar Fitouri travaille avec amour sans jamais se départir d’une modestie naturelle. Accueillant, il abandonne son ouvrage quelques minutes pour recevoir un ami ou un client, puis inlassablement, reprend ses gestes et ses outils.
Minuscule, son échoppe jubile de mille couleurs et autant de chaussons exposés à même les murs. Y règne aussi une subtile odeur de cuir qui vous enveloppe alors que des babouches, des diplômes et quelques photos accrochent le regard.
De journée laborieuse en création nouvelle, Nizar Fitouri perpétue un métier et le sait. Il a vu les anciens partir, leurs boutiques fermées et parfois oubliés.
Il a vu s’éteindre les derniers selliers et autres passementiers. Il a vu les souks entrer dans une inéluctable mutation.
Ce monde qui s’effondre, cet autre qui s’affirme, ne l’empêchent pas, impassible et déterminé, de poursuivre la tâche que ses doigts connaissent par cœur.
Artisan, il possède une étincelle de cet immuable qui nous fonde mais sans cesse s’effrite.
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