En Tunisie, le beurre est devenu en quelques semaines un produit symbolique d’une tension croissante sur les denrées de base. Dans plusieurs régions du pays, des consommateurs affirment qu’un paquet de 200 grammes peut atteindre environ 8 dinars, lorsqu’il est disponible, tant les ruptures de stock se multiplient dans les commerces.
Cette hausse et cette rareté ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une crise plus large qui touche l’ensemble de la filière laitière. Le beurre dépend directement de la production de lait et de la transformation de la crème, et c’est précisément à ce niveau que les déséquilibres se sont accumulés.
La production nationale de lait connaît un ralentissement notable, lié à la fragilisation des exploitations agricoles et à la diminution du cheptel bovin. Moins de vaches laitières signifie mécaniquement moins de lait collecté, donc moins de matière première pour les produits dérivés comme le beurre.
Pression économique de plus en plus forte
À cela s’ajoute une pression économique de plus en plus forte sur les éleveurs. Le coût de l’alimentation du bétail a augmenté, tandis que le prix de vente du lait n’a pas toujours suivi la même progression. Dans ce contexte, plusieurs producteurs peinent à maintenir leur activité, certains réduisant même leur production ou quittant le secteur. Cette dynamique contribue à réduire encore davantage l’offre disponible sur le marché.
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Le déséquilibre entre l’offre et la demande se répercute ensuite sur la distribution. Les circuits de commercialisation font face à des approvisionnements irréguliers, ce qui entraîne des pénuries locales et une forte volatilité des prix. Le beurre, souvent perçu comme un produit de consommation courante, devient alors un produit difficile à trouver, avec des prix qui varient fortement d’un point de vente à un autre.
Fragilité structurelle de la filière laitière
Au-delà du simple constat de hausse des prix, cette situation révèle une fragilité structurelle de la filière laitière tunisienne. Tant que les coûts de production resteront élevés et que la production de lait ne sera pas stabilisée, les tensions sur les produits dérivés comme le beurre risquent de persister, voire de s’aggraver.