Le mot de Rached Ghannouchi avant de comparaître…

Ghannouchi continue de mener sa campagne

Devant un parterre de médias et à l’adresse de l’opinion publique et avant sa comparution devant le juge d’instruction près le Pôle judiciaire antiterroriste, le chef du mouvement islamiste Rached Ghannouchi a émis une déclaration en 13 points où il a évoqué plusieurs sujets dont l’indépendance de la justice, la liberté d’expression, la démocratie, le « coup d’Etat » selon lui, et autres.

En premier lieu, il a exprimé sa confiance en la justice qui n’est pas une « fonction » comme le veut le Président mais un « pouvoir » dont le corps ne cesse de lutter pour son indépendance, face aux tentatives de son «asservissement » selon ses dires.
« Depuis le 25 juillet (2021), on ne cesse de me harceler, de me diffamer, ainsi que ma famille, de me coller de fausses accusations, dans le but de faire passer le projet de Constitution… », a jouté Ghannouchi.

Puis, il a évoqué ses orientations et contributions politiques, pour un « Islam démocratique, luttant contre l’extrémisme, la violence, le terrorisme et l’exclusion et menant son mouvement avec les principes de la démocratie et de la modération, respectant les institutions de l’Etat et ses lois ».

« Et si la Tunisie a réussi son expérience démocratique, c’est en raison des larges sacrifices consentis par le Tunisien et le mouvement Ennahdha qui a de tout temps protégé et défendu la démocratie, même après le 25 juillet 2021… », a-t-il poursuivi.

Avouant que des erreurs ont été commises de la part de plusieurs parties, y compris Ennahdha, sur le plan économique particulièrement, Rached Ghannouchi a réfuté que ce fut une « décennie de ruine », comparant celle-ci avec les décennies précédentes et énumérant au passage les réalisations de cette époque sous le pouvoir d’Ennahdha.

Revenant sur les attaques qui ne cessent d’être portées contre son mouvement, Ghannouchi a estimé que ces coups-bas se poursuivent avec des affaires sécuritaires et judiciaires sur fond de règlement de compte politique, comme c’est le cas de cette affaire, dira-t-il. Ce qui survient toujours à la veille d’un « rendez-vous » politique du genre de ce référendum, selon lui.

Ghannouchi reviendra aussi sur ses précédents jugements sous Bourguiba et Ben Ali, rappelant sa condamnation à mort, et les souffrances endurées par lui-même et par les militants de son mouvement, jusqu’à la « révolution » qui a libéré le pays, cherchant à le juger pour des délits de droits communs…

« Je ne crains pas pour ma personne de leurs actes, mais pour la Tunisie et ses acquis et pour les droits socio-politiques et économiques du citoyen, avec les discours de haine, de diabolisation, et combien ont-ils porté atteinte à moi-même et à ma famille… », a martelé le chef d’Ennahda.

« Je suis tranquille aujourd’hui et je ne crains rien, avec mon âge et mon passé politique et militant, ni pour moi-même ni pour Ennahdha tant qu’elle défend les causes nationales et les principes de la liberté et de la démocratie. Et pas d’avenir qui sied à la Tunisie sans respect de ces principes et celui de ses institutions, ainsi que le respect de la neutralité de l’administration, de l’armée et de la police, et l’indépendance de la justice » a enfin déclaré Ghannouchi.

Pour terminer avec des remerciements à l’adresse du comité de défense qui s’est chargé de son affaire et défendant tous les opprimés, selon lui, ainsi que le corps des journalistes qui continue à militer pour élever la conscience, divulguer la vérité et défendre la liberté d’expression.

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