Kais Saied considère l’ingérence dans les affaires internes de la Tunisie comme une ligne rouge

Kais Saied exprime son refus de toute ingérence étrangère dans les affaires tunisiennes.

Kais Saied considère l’ingérence dans les affaires internes de la Tunisie comme une ligne rouge.

Le chef de l’Etat, Kais Saied, s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères, Othman Jerandi, ce mardi 5 avril 2022. L’entrevue a porté sur la nécessité de renforcer les relations de la Tunisie avec les pays amis dans le respect mutuel et l’intérêt commun.

Kais Saied a également fait part de son refus de toute forme d’ingérence dans les affaires internes de la Tunisie, la considérant comme une ligne rouge. Cette prise de position intervient suite à la réaction de nombreux organisations étrangères à l’état d’exception annoncé par le Président après la dissolution du Parlement sur la base de l’article 72 de la Constitution.

Le Président avait qualifié cette réunion de vaine tentative de coup d’Etat et dénoncé un complot contre la sûreté intérieure et extérieure de la Tunisie.

Le président de la République Kais Saied a annoncé le 30 mars, la dissolution du Parlement après avoir recouru à l’article 72 de la Constitution pour préserver l’unité de l’Etat et la sécurité des Tunisiens.

Le chef de l’Etat a estimé que la tenue d’une plénière à l’ARP suspendue constitue un coup d’Etat avorté, promettant de poursuivre les responsables devant la Justice.

La Turquie réagit !

Depuis, le président turc, Recep Tayyip Erdogan a réagi à la décision de Kais Saied de dissoudre le parlement et l’a qualifié de « coup contre la volonté du peuple tunisien », selon Andalou Agency.

Le Chef de l’État turc a également confié espérer que ces développements ne nuiront pas au processus de transition à la légitimité démocratique en Tunisie et la mise en application de la feuille de route sur la tenue des élections.

Il a affirmé sa conviction que « le processus de transition ne peut réussir que grâce à un dialogue global et significatif auquel participent toutes les composantes de la société, y compris le Parlement, qui « incarne la volonté nationale ».

Et d’ajouter : « Nous considérons les développements en Tunisie comme une atteinte à la démocratie ».

La France aussi…

De son côté, la France a appelé les forces politiques tunisiennes à s’engager dans un dialogue inclusif, mais a surtout exprimé sa préoccupation quant aux derniers développements en Tunisie, en référence à la dissolution du Parlement.

Dans un bref communiqué publié ce mardi 5 avril 2022 sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Paris a souligné son attachement au respect de l’État de droit et à l’indépendance de la justice, soulignant son souhait d’un retour, dans les meilleurs délais, à un fonctionnement normal des institutions, « pour pouvoir répondre à l’urgence économique et sociale ».

« Dans le plein respect de la souveraineté de la Tunisie, la France appelle également l’ensemble des forces politiques du pays à s’engager dans un dialogue inclusif, éviter toute forme de violence, et à préserver les acquis démocratiques du pays. La France se tient aux côtés des Tunisiens face aux défis auxquels leur pays est confronté. », peut-on lire.

Les Etats-Unis préoccupés

Les Etats-Unis se sont dits, jeudi, « profondément préoccupés » face à la « décision unilatérale » du président de la République Kais Saïed de dissoudre l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Il y a quelques jours, Washington s’est dit également consterné face aux « informations laissant entendre que des mesures juridiques seront prises par les autorités contre certains députés », a dit le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price.

Pour Washington, un « retour rapide au régime constitutionnel » est « primordial » pour l’instauration d’un système démocratique et « la relance de l’économie tunisienne. »

Nidhal Jelassi

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