Tunisie : Un accord avec le FMI suspendu au veto de l’UGTT !

En attendant un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI), la Tunisie peine à trouver une sortie à sa crise économique sans précédent.

Après une nouvelle dégradation de sa note souveraine, la seule issue serait de négocier efficacement et rapidement, chose qui sera difficile, voire impossible, selon l’expert en affaires économiques, Ezzeddine Saidane.

Selon lui, il est impossible de parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Ce dernier ayant fixé une condition « impossible » selon laquelle un accord interne doit être conclu entre le gouvernement et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) sur le programme de la réforme avant tout autre accord.

Saidane a estimé que cette condition était impossible pour le gouvernement tunisien et a contribué à compliquer davantage la situation générale dans le pays.

Sur les ondes de Diwan fm, il a noté, hier lundi 28 mars 2022, que la FMI a ainsi donné le droit de « veto » à la centrale syndicale et en a fait la « partie déterminante ou perturbatrice » dans toute discussion ou négociation avec le gouvernement.

Rappelons que le Fonds monétaire international avait envoyé, le 24 mars 2022 une délégation en mission en Tunisie pour de nouvelles discussions avec les autorités.

Il avait également entamé des discussions avec l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA) et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) allant dans le sens des réformes qui devront être engagées dans le cadre du lancement d’un nouveau programme d’appui financier.

Les réserves de l’UGTT

Le secrétaire général adjoint de la centrale syndicale, Anouar Ben Gaddour, a exprimé, ce vendredi 25 mars 2022, au FMI ses réserves quant au programme gouvernemental présenté et notamment en ce qui concerne la suspension de la compensation et le gel des salaires et des recrutements.

Il a indiqué que ses réserves ont été exprimées lors de la rencontre entre le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi et la délégation du FMI. A ce titre, il faut rappeler que la centrale syndicale reste opposée aux réformes proposées par la Tunisie dans le cadre d’un accord, notamment un gel des salaires et la suspension des recrutements dans la fonction publique pendant 5 ans ainsi que la levée des subventions jusqu’à 2026.

La « vision » de l’UTICA

Le président de l’UTICA, Samir Majoul a également reçu, aujourd’hui, ladite délégation conduite par la directrice adjointe du département Moyen-Orient et Asie Centrale, Taline Koranchelian et le chef de mission du FMI pour la Tunisie, Chris Geiregat.

L’accent a été mis sur l’importance de privilégier le consensus concernant le programme de réformes, a indiqué le patronat dans un communiqué laconique, soulignant avoir exposé sa vision de la relance de l’économie nationale sans exprimer sa position quant aux réformes exigées par le FMI.

Longues discussions

Les discussions entre le Fonds Monétaire international (FMI) et les autorités tunisiennes avaient démarré, à distance, le 14 février 2022.

L’accord avec le FMI est indispensable pour la Tunisie. C’est ce que ne cesse de répéter la ministre des Finances pour alerter contre une nette dégradation de la situation financière et pour souligner l’obligation d’entretenir les réformes nécessaires.

« Un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) s’avère indispensable pour assurer les équilibres budgétaires de l’Etat », avait-t-elle laissé entendre.

Autant dire que cette institution financière n’a pas cessé de le répéter. La Tunisie doit revoir sa stratégie en matière de masse salariale, d’emploi et de subvention. Aujourd’hui, la Tunisie est dans l’impasse, et seules des réformes douloureuses qui risquent de provoquer une explosion sociale peuvent sauver à long terme la situation.

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