Les plateformes de streaming font leur grande entrée en Tunisie

Les producteurs tunisiens semblent avoir enfin compris le changement que connait le secteur des industries créatives.

Netflix, Shahid, Amazon Prime Video, HBO, Disney+ ou autres plateformes dédiées au service de vidéo à la demande attirent de plus en plus de téléspectateurs, ce qui fait d’eux une véritable mine d’or.

A quelques jours du mois saint, les annonces dans ce contexte se multiplient, laissant présager une saison audiovisuelle ramadanesque pas comme les autres.

En effet, la télévision tunisienne a accordé à la plateforme numérique watchnow les droits exclusifs de diffusion numérique de la deuxième saison de ses deux séries hits « Kan Ya Makanech » et « Harga », dans le cadre d’un contrat de coopération et de partenariat.

En tant que tels, ces nouvelles productions ne seront plus disponibles pour les téléspectateurs sur YouTube ou toute autre plateforme numérique.

« Cet accord entre la télévision nationale et « watchnow » permettra aux produits audiovisuels tunisiens d’avoir une forte présence sur les plateformes numériques. » promet-on.

De son côté, le réalisateur Sami Fehri a annoncé le lancement de sa propre plateforme qui diffusera, en premier lieu, les feuilletons tunisiens produits pour ce Ramadan.

La décision de créer cette plateforme s’explique, selon lui, par la volonté de changer la méthode de commercialiser le produit médiatique et par la crise du secteur de la publicité.

Ainsi, au premier jour du Ramadan, l’accès à cette plateforme sera gratuit. Par la suite, et pour regarder les productions de Fehri, l’abonnement sera de 8 dinars par mois ou 600 millimes par jour pour les Tunisiens et de 4,98 euros par mois pour les Algériens et les Marocains.

Plateformes numériques 100% tunisiennes… Une idée curieuse pour le citoyen

Ces annonces de streaming, notamment celle de Sami Fehri, ont été moquées par certains mais saluées par d’autres. Certains internautes ont écarté l’idée de payer de l’argent pour regarder des feuilletons tunisiens.

Les critiques existent, certes, mais une chose est sûre, la scène audiovisuelle et le secteur des industries créatives tunisiennes pourraient bouger et changer à travers cette métamorphose.

On pourrait peut-être trouver des productions tunisiennes tout au long de l’année, et non juste à l’occasion du Ramadan. Acteurs, techniciens, producteurs et autres pourront trouver de plus en plus de travail et, ainsi, une nouvelle dynamique culturelle pourrait voir le jour en Tunisie.

Reste à savoir si cela va vraiment marcher. Tout va dépendre du téléspectateur tunisien et de sa volonté à changer sa relation classique avec le produit culturel qu’on lui propose.

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