Guerre russo-ukrainienne et sécurité alimentaire : L’UTAP tire la sonnette d’alarme

La présidente adjointe de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), Ines Saad Nagara, a mis en garde contre les risques auxquels la Tunisie est actuellement confrontée en raison des répercussions de la guerre russo-ukrainienne et des fluctuations des prix dans les marchés mondiaux.

Invitée ce vendredi 25 mars 2022 sur Jawhara fm, elle a déclaré que le produit d’ammonitrate, dont l’agriculteur aura besoin après les récentes pluies pour assurer une bonne productivité, est toujours manquant et indisponible vu son prix très élevé, appelant à la nécessité de fournir cette substance et de la mettre à la disposition des agriculteurs.

Par ailleurs, Nagara a confirmé que les prix, qui ont augmenté et doublé dans certains cas, sont devenus un fardeau pour l’agriculteur.

« Les lourds dommages et les grandes pertes infligés aux systèmes de production animale, en général, laissent présager leur effondrement imminent en raison du manque de matières premières pour le fourrage et leurs prix élevés », regrette la responsable.

Le conflit russo-ukrainien va exacerber l’insécurité alimentaire

La hausse des prix des carburants et des produits alimentaires due à l’invasion de l’Ukraine par la Russie pourrait exacerber les préoccupations existantes en matière de sécurité alimentaire au Moyen-Orient et en Afrique et pourrait conduire à des troubles sociaux croissants, avait déclaré Carmen Reinhart, économiste en chef à la Banque mondiale.

« Il y aura des implications importantes pour le Moyen-Orient, l’Afrique, notamment l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, qui sont déjà en situation d’insécurité alimentaire », avait ajouté Reinhart dans une interview à Reuters.

« On sait que l’insécurité alimentaire et les émeutes faisaient partie de l’histoire du printemps arabe », avait-t-elle, dans ce sens, rappelé.

Dans le même contexte, la Banque mondiale avait déclaré le mois dernier, quelques jours après le début de la guerre russo-ukrainienne, que les prix des produits agricoles ont déjà augmenté de 35% en un an et devraient continuer à augmenter, étant donné que la Russie et l’Ukraine sont de grands exportateurs de blé, de maïs, d’orge et d’huile de tournesol.

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