Face à une situation environnementale alarmante, une campagne de propreté suffit-elle ?

Entre insouciance du citoyen et grèves répétées des agents municipaux, la situation environnementale ne cesse de se dégrader de jour en jour.

Les scènes désolantes d’amas de déchets n’est plus limitées aux quartiers populaires ou zones rurales. Les ordures et les saletés se trouvent, désormais, à quelques mètres des grandes artères du pays, dont l’avenue Habib Bourguiba.

C’est dans ce contexte que les autorités ont lancé, ce jeudi 10 mars 2022, une large campagne de propreté et ont appelé les citoyens à y participer massivement.

La ministre de l’Environnement, Leila Chikhaoui Mahdaoui, a donné, aujourd’hui, le coup d’envoi de cette vaste campagne de de propreté dont le point de départ est le centre urbain nord, à Tunis.

Cette campagne sera suivie d’autres activités similaires dans toutes les régions de la République afin d’améliorer la situation environnementale en général.

A cette occasion, la ministre a appelé toutes les composantes de la société civile et des institutions publiques et privées à s’engager et à contribuer à la propreté afin de conjuguer les efforts et améliorer la situation environnementale en Tunisie.

« La préservation de l’environnement ne constitue pas une prérogative exclusive des autorités publiques mais doit faire l’objet d’une action collective qui implique les citoyens en les orientant vers un comportement civique permettant de préserver l’environnement et de valoriser les ressources via les campagnes de propreté étant résolument question communautaire majeure », a-t-elle déclaré.

Et d’affirmer que tous les moyens matériels et humains ont été mobilisés pour mener à bien les opérations, et ce, en collaboration avec le ministère du tourisme et la Municipalité de Tunis et les différents acteurs concernés.

L’idée, aussi nécessaire et honorable qu’elle soit, reste tout de même naïve. Face à la situation environnementale alarmante dans le pays, une campagne sera-t-elle vraiment suffisante pour éradiquer une fois pour toutes la saleté ?

Si les citoyens ne font toujours pas preuve de civisme et d’une prise de conscience face à ce problème, comment peut-on s’attendre à ce qu’une campagne de quelques semaines, voir quelques mois, change le cours des choses ?

Une police environnementale avait été lancée, il y a quelques années, pour prendre part à la résolution du problème, mais où est-elle passée depuis ?

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