Beca Beating Cancer : Une ouverture sur la réduction des risques comme approche de sevrage tabagique

Tribune | Par Dhouha Ben Mustapha

Après dix-huit mois de travail acharné, de dizaines de réunions d’experts et de négociations, le Parlement européen a approuvé son plan « Vaincre le cancer » le 15 février, un an après la publication du plan cancer de la Commission européenne. Ce vote finalise le long et méticuleux travail effectué par le Comité « Vaincre le cancer » (BECA).

Structuré autour de quatre domaines d’action – notamment la prévention, la détection précoce, la qualité des traitements et l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de cancer et du personnel soignant – ce plan ambitieux a suscité une grande attention de la part des groupes politiques et des parties prenantes européennes.

De la promotion d’un mode de vie sain et d’un régime alimentaire à base de plantes avec une réduction de la consommation de viande au soutien de l’objectif d’une « génération sans tabac », le plan s’attaque aux principaux facteurs de risque et déterminants sociaux du cancer.

Sur la question des produits alternatifs à la cigarette, en adoptant une approche de réduction des risques, la commission a souligné que, si les arômes doivent être interdit pour empêcher les jeunes de commencer à utiliser les e-cigarettes, ces dispositifs peuvent constituer un moyen de sevrage tabagique et doivent être considérés comme une alternative efficace et moins nocive.

Le député européen Peter Liese a déclaré : « Je suis heureux que nous ayons trouvé une formulation équilibrée sur les e-cigarettes. Elles sont une option pour les gros fumeurs pour arrêter de fumer et elles sont certainement beaucoup moins problématiques pour notre santé. Néanmoins, nous devons nous assurer que les jeunes ne commencent pas à fumer, c’est pourquoi nous avons demandé à la Commission de proposer une interdiction des arômes qui attirent particulièrement les enfants ».

Le député européen PPE Aldo Patriciello, a quant à lui exprimé son contentement à l’égard de cette décision : « le Parlement européen a désormais reconnu la réduction des risques comme un outil essentiel de prévention. Il s’agit d’une approche politique qui doit encore être explorée dans ce domaine au niveau de l’Union et utilisée correctement. Je vois beaucoup de potentiel pour les citoyens européens ». A-t- il assuré.

Pietro Fiocchi, député européen de Fratelli d’Italia et rapporteur du groupe ECR au sein de la commission Beca Beating Cancer du Parlement européen, a ajouté : »Il a été reconnu que le tabac chauffé et le vapotage forment une alternative au tabagisme traditionnel et cela nous permettra de continuer sur cette voie ».

« L’alternative aux cigarettes traditionnelles a fait l’objet de nombreuses discussions, selon certaines études américaines, elles représentent un risque moindre pour la santé. L’Italie est le premier producteur de tabac de l’UE mais aussi le pays où se trouve le point d’appui de la production de nouveaux produits à base de tabac chauffé (sans combustion) ce qui représente une révolution pour ce secteur de l’agriculture », a-t-il dit.

Pour le chef de la délégation de la Ligue au Parlement Européen, Marco Campomenosi, s’appuyant sur les conclusions de la FDA, Food and Drug Administration FDA selon lesquelles il y a effectivement une réduction des dommages avec les nouveaux produits notamment les cigarettes électriques et les produits du tabac chauffés, il a statué qu’il est logique que la taxation ne doit pas être aussi élevée que pour les produits qui brûlent le tabac et génèrent ainsi beaucoup de substances nocives pour les consommateurs.

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