Noureddine Taboubi : « Tous les partis politiques doivent revenir au dialogue »

Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), en déplacement dans le sud du pays, a rappelé que la centrale syndicale n’est pas disposée à céder le secteur public, réitérant la volonté de l’UGTT à défendre bec et ongles les entreprises publiques.

Nourediine Taboubi s’est également indigné de la tentative de certains partis qui cherchent à exploiter la situation économique et sociale du pays dans le but d’aggraver encore la situation.

Appel au dialogue

Il a estimé que la Tunisie n’est plus en mesure de le supporter cette situation et que chaque partie doit se reprendre afin de sauver la Tunisie, appelant tous les partis politiques à s’asseoir à la table du dialogue pour trouver une solution tuniso-tunisienne.

A Médenine, où il a présidé, ce samedi 29 janvier 2022, le 18ème congrès régional de l’UGTT, Nourddine Taboubi s’est indigné du fait que des fonctionnaires n’ont toujours pas reçu leur salaire à ce jour et a insisté sur le fait que « la cession du secteur public reste une ligne rouge et qu’il s’opposera à toutes les tentatives visant à céder les entreprises publiques au secteur privé », déclarant notamment que « la Tunisie n’est pas à vendre ».

Le secteur public, une « ligne rouge »

Hier, vendredi 28 janvier, Noureddine Taboubi a fait savoir, lors des travaux du 26ème congrès de l’Union régionale du travail de Gafsa, qu’il est désormais nécessaire de sauver et de protéger la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG), et que celle-ci ne peut pas être le seul pourvoyeur d’emplois.

Concernant la situation générale dans le pays, il a indiqué que « le président Kaïs Saïed est responsable de ses choix et de sa politique et que l’UGTT n’est nullement responsable des choix économiques du pays, de l’inflation, de la flambée des prix et de la détérioration du pouvoir d’achat du citoyen, mais qu’elle ne renoncera pas aux droits économiques et sociaux de ses adhérents ».

Il a d’ailleurs rappelé « qu’aucune partie nationale ou internationale ne peut délimiter le champ d’action de la centrale syndicale » et que l’UGTT aura son mot à dire.

L’ombre de Kais Saied ?!

Si la position de l’UGTT ne change pas par rapport à sa défense des structures publiques, il semble que Noureddine Taboubi s’est « propulsé » en tant que médiateur.

Il faut rappeler, que le 15 janvier dernier et après cinq mois de rupture, il a pu finalement avoir un tête-à-tête avec le président de la République, Kais Saied. Une longue réunion pour dissiper le flou qui a marqué la dernière période dans les relations entre l’UGTT et le palais de Carthage.

Si l’UGTT est allé jusqu’à remettre en cause tout le processus du 25 juillet et a rejeté l’approche individualiste de Kais Saied, par le passé, depuis quelques jours, Taboubi a ajouté de l’eau à son vin.

Citant les événements du 25 juillet, l’UGTT a rappelé, la semaine dernière, qu’elle a dès le départ, soutenu le processus du 25 juillet, qui a promis un changement et une rupture avec le système de corruption et de terrorisme. Mais, elle a regretté le retard et l’hésitation de ce processus.

« Le 25 juillet constitue une occasion historique pour sauver le pays, il doit être transformé en un processus participatif capable de reconstruire la Tunisie », avait-on communiqué, le 21 janvier dernier.

La réunion du 15 janvier dernier constitue vraisemblablement un pacte entre les deux hommes. Elle intervient par obligation sous l’effet des pressions de la crise économique.

Ouverture du dialogue ?

D’une part, Carthage n’a pas intérêt à entrer en conflit avec l’UGTT dont le rôle dans l’adoption des mesures sociales douloureuses reste crucial. Et d’autre part, la Centrale syndicale ne veut pas entrer en confrontation avec le président de la République qui jouit d’une grande popularité.

S’agit-il alors du pacte de l’obligation ? Pour certains oui, si la Tunisie veut mener ses réformes, Carthage et l’UGTT, les deux puissances les plus influentes actuellement sur la scène nationale, doivent en effet faire un pacte pour sauver l’économie nationale.

Plus récemment, les deux hommes se sont entretenus par téléphone, mercredi 26 janvier 2022. Un appel téléphonique passé à l’occasion du 44ème anniversaire du 26 janvier 1978, et au cours duquel Kais Saied a exprimé son « appréciation de l’Union, des martyrs et du mouvement syndical ».

Les messages de bonne volonté fusent de nouveau et démontrent que la rupture est consommée. Noureddine Taboubi insiste sur le fait que Kais Saied est ouvert au dialogue.

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