Tunisie : Vers le retrait de certains pesticides dangereux du marché

En Tunisie, 33 entreprises sont actives dans le secteur des pesticides, 215 matières actives de pesticides sont enregistrées et distribuées sur le marché national sous 493 marques commerciales. Mais, les quantités réellement importées ne sont pas connues.

Le pays a importé, en 2018, 240,5 tonnes de pesticides à usage agricole bannis ou sévèrement restreints dans l’UE dont 35000 kilogrammes de cyanamide, selon un rapport de PublicEye et Greenpeace sur la liste des pays importateurs des pesticides dangereux de l’UE.

Il s’agit d’un engrais azoté utilisé en agriculture mais aussi, comme herbicide ou défoliant (sur la liste tunisienne d’homologation des pesticides, il est cité sous la rubrique divers). Cet engrais pourrait être irritant et provoque des vomissements lors de son ingestion.

Aussi, en 2019, une liste de 19 autres pesticides interdits sur le sol européen, ont fait pourtant, l’objet d’une notification d’exportation à destination des trois pays du Maghreb dont la Tunisie.

La Direction générale de la santé végétale et du contrôle des intrants agricoles relevant du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a confirmé son intention de retirer certains pesticides agricoles du marché.

Une Décision qui ne plait pas à certains industriels. La Fédération Nationale de la Chimie relevant de l’UTICA a dénoncé, mercredi, « l’intention de la Direction générale de la santé végétale et du contrôle des intrants agricoles de retirer certains pesticides agricoles du marché ».

Les importateurs de pesticides et les responsables de la Fédération, réunis au siège de l’UTICA, ont critiqué l’absence de concertation avec les professionnels du métier dans le traitement de ce dossier et la non communication des raisons derrière le retrait envisagé, qui interviendrait, selon eux, à un moment où le secteur connait plusieurs difficultés.

Ils ont appelé à prioriser et à retirer progressivement, sur deux années au minimum, les pesticides en question, tout en assurant les alternatives aux pesticides qui seront retirés.

Le président de la Fédération Nationale de la Chimie, Hichem Aounallah, a indiqué, à l’agence TAP, que la décision de retrait est en cours d’étude au niveau du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et que le dossier a été transféré à la commission chargée de l’homologation des pesticides pour statuer là-dessus.

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