Tunisie : Marzouki qualifie les autorités tunisiennes « d’illégitimes »

Privé de son passeport diplomatique, Marzouki affirme n’être concerné par aucune décision émise par des autorités tunisiennes « illégitimes »

L’ancien président Moncef Marzouki a réagi à la décision de retrait de son passeport diplomatique, affirmant, jeudi soir, qu’il n’est concerné par aucune décision émise par des autorités tunisiennes « illégitimes », faisant allusion à la présidence de la République et du Gouvernement.

Moncef Marzouki a assuré qu’il ne reconnaît ni le président Kais Saied en tant que président légitime, ni le gouvernement actuel, car, il n’a pas bénéficié de la confiance du Parlement.

Présidant, ce jeudi 13 octobre 2021, le premier Conseil des ministres du gouvernement Bouden, Kais Saied a décidé de retirer à l’ancien président, Moncef Marzouki son passeport diplomatique.

Moncef Marzouki est coupable, selon Kais Saied de s’être adressé à des pays étrangers pour nuire aux intérêts de la Tunisie en référence au report du sommet de la Francophonie.

Kais Saïed a souligné que « celui qui complote contre la Tunisie à l’étranger doit être accusé de complot contre la sûreté de l’Etat à l’intérieur comme à l’extérieur. La Tunisie est un Etat libre et indépendant et il est hors de question de s’ingérer dans ses affaires », a-t-il indiqué.

Kais Saied a également ordonné à la ministre de la Justice, Leila Jaffel d’ouvrir une enquête judiciaire à propos de ces agissements.

L’ancien chef de l’Etat, Moncef Marzouki s’est dit fier d’avoir participé au report du sommet de la Francophonie prévue en novembre prochain à Djerba. « Je suis fier d’avoir participé à cela, on ne peut pas inviter des chefs d’Etat démocratiques dans un pays qui vient de connaitre un coup d’Etat, car de la sorte, on le soutient », a-t-il laissé entendre.

Et d’ajouter que Kais Saied est un président dictateur qui s’est accaparé tous les pouvoirs et qui n’est pas en mesure de bâtir un Etat démocratique ou de réaliser les objectifs de la révolution.

En appelant les pays étrangères à compromettre le sommet de la francophonie et à ne pas soutenir « le coup d’Etat » en Tunisie, Moncef Marzouki s’est également attiré la colère des avocats.

Plusieurs d’entre eux ont déposé une plainte pénale auprès du procureur de la République contre l’ancien président pour atteinte à la sécurité extérieure de l’État. Ils ont également appelé à l’ouverture d’une enquête contre Marzouki.

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