« La Tunisie a besoin d’une nouvelle direction économique », estime le FMI

« La Tunisie a besoin d’une nouvelle direction économique, une direction qui est différente de celle de la décennie passée ». La déclaration est de Chris Geiregat, chef de la mission menée par une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de la consultation pour 2020 au titre de l’Article IV pour la Tunisie.

Il a estimé, ce mardi 2 mars 2021, lors d’un point de presse, en ligne, concernant cette mission, la nécessité, pour la Tunisie, d’avoir une nouvelle direction économique « pour réussir l’implémentation des réformes et améliorer la gouvernance ».

Selon lui, « l’avenir économique de la Tunisie dépendra de l’élaboration et l’adoption d’un plan ambitieux de réformes, « un plan ambitieux de réformes qui devrait être élaboré par les autorités tunisiennes et qui lancerait l’économie dans une nouvelle direction ».

Chris Geiregat a ajouté que l’adoption d’un tel plan doit passer par un dialogue national afin d’obtenir l’aval des Tunisiens et des partenaires internationaux de développement, soulignant que des réformes difficiles ne peuvent être achevées que si tout le monde comprend les aboutissants.

Il a ajouté que ce plan de réformes permettra une meilleure protection sociale, plus de croissance inclusive, et plus d’emplois et de prospérité.

Geiregat a en outre, rappelé les principales recommandations de sa mission qui consiste à renforcer la protection sociale et augmenter les investissements publics dans les secteurs de la santé, l’éducation et l’infrastructure.

Il s’agit aussi de promouvoir l’initiative et l’investissement du secteur privé comme des moteurs principaux de création d’emplois et de croissance, réformer les entreprises publiques, réduire le déficit budgétaire pour regagner la soutenabilité des finances publiques à moyen terme.

Le FMI recommande aussi à la BCT, d’éviter tout financement monétaire du déficit budgétaire, de permettre au taux de change de s’ajuster aux développements du marché et de continuer à suivre de très près le secteur financier pour détecter tout signe de détresse des emprunteurs et de créances douteuses.

Comme il recommande aussi d’aller dans le sens de la bonne gouvernance et la transparence, ainsi que dans celui de la lutte anticorruption.

Pour 2021, le FMI projette un rebond modeste dans l’économie tunisienne d’environ 3,8%. Il y a, toutefois, des risques considérables autour de cette projection, notamment à cause de l’incertitude sur la durée et l’intensité de la pandémie de Covid-19.

Le FMI avait déjà plaidé, au terme de sa mission à distance, du 9 au 18 décembre 2020 et du 4 au 13 janvier 2021, menée dans le cadre de la consultation pour 2020 au titre de l’Article IV pour la Tunisie, en faveur d’un « pacte social » pouvant porter sur la masse salariale de la fonction publique, une réforme des subventions, le rôle des entreprises publiques dans l’économie, le secteur informel, l’équité fiscale, les reformes anti-corruption et l’environnement des affaires.

Les experts du FMI ont d’ailleurs constaté que les entreprises publiques ont un impact économique capital et qu’elles dominent l’économie et sont même « en position de monopole.

« Ces entreprises contribuent de 7 à 8% au PIB, elles sont lourdement endettées (40% des dettes du PIB), mais elles ont une certaine garantie de l’Etat, lequel prend en charge leur difficultés et c’est une lourde charge pour l’Etat », a estimé Geiregat, plaidant en faveur de la création d’une structure générale pour gérer les entreprises publiques en difficultés, dont la CPG, Tunisair et autres.

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