Le onze légendaire du Stade Tunisien

A l’époque où la Tunisie luttait pour son indépendance, le Stade tunisien luttait pour le titre de champion.

Eternelle rivale de l’ogre hammam-lifois, la « Baklawa » du Bardo a marqué les esprits par son style offensif et le talent de ses joueurs : des petits costauds d’une effroyable célérité.
Même si leurs noms résonnent encore sur les lèvres des plus vieux, leur image s’efface peu à peu.

A travers cet article, les journalistes de Tunis Webdo vous proposent de découvrir une sélection de onze joueurs légendaires qui ont porté le fameux maillot rouge et vert.

Nous avons, de ce fait, effectué un sondage qui prenait en considération les footballeurs nationaux et étrangers, mais qui ne tenait pas compte de ceux qui sont encore en activité.

Voici l’équipe légendaire du Stade tunisien selon une formation tactique de type 3-5-2 : un gardien de but, trois défenseurs, cinq milieux de terrain et deux attaquants :

Abdallah Trabelsi (gardien)

Ce grand gardien est un véritable symbole du Stade tunisien.

Longiligne et élancé, Abdallah Trabelsi adorait se donner en spectacle par ses plongeons spectaculaires et ses interventions acrobatiques.

De plus, il fut l’initiateur de la mode des portiers tireurs de penalty. Ce gentil géant au regard triste était aussi un homme plein de bonté qui refusait que le football soit sali par de basses querelles.

Malheureusement, comme beaucoup de ses homologues des sixties, Abdallah a vécu dans l’ombre de Attouga sans avoir eu la chance de se distinguer en équipe nationale ou à l’étranger.

Ahmed Mghirbi (défenseur central)

Cet élégant libéro s’est rapidement imposé comme le patron de la défense stadiste.

Son jeu de tête et son sens du placement lui ont permis d’enchaîner les exploits en club comme en équipe nationale.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard qu’il décroche le titre de meilleur joueur tunisien lors de la saison 1971/72.

Mohieddine Seguir (défenseur central)

Au début des années 60, le Stade tunisien était doté d’une force de frappe impressionnante.

Mais que serait cette ligne offensive sans un défenseur de la trempe de Mohieddine dit « Mouha » ?

Cet arrière droit, reconverti en défenseur axial, tirait parti de son gabarit musclé pour s’imposer dans les duels et stopper les assauts adverses.

En duo avec le jeune Ahmed Mghirbi, Mohieddine remporte la Coupe de Tunisie en 1966 et s’inscrit un peu plus dans la légende.

Mohsen Jendoubi (défenseur central)

Mohsen Laabidi, plus connu sous le l’appellation de Mohsen Jendoubi, était l’un des défenseurs les plus solides et les plus appliqués des années 70.

Sa technique et son fairplay ont fait de lui un joueur respecté aussi bien par ses adversaires que par les arbitres. Ces derniers n’ont, d’ailleurs, jamais brandi de carton rouge à son encontre.

En 1977, il se voit désigné meilleur joueur du championnat et décroche sa place au sein du groupe de Chetali pour aller en Argentine un an plus tard.

Avec 331 matchs disputés, Jendoubi est le joueur le plus capé de l’histoire du ST. Une légende au sens propre !

Tahar Nahali (milieu défensif)

Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose, mais Tahar Nahali a été l’une des principales figures de l’âge d’or du Stade tunisien. De la Coupe de Tunisie de 1956 à celle de 1966, en passant par le doublé de 1962, Nahali a tout gagné !

D’un tempérament discret et taciturne, ce solide milieu ratissait le terrain de long en large pour récupérer le ballon et initier une contre-attaque dévastatrice.

Ceux qui l’on vu à l’œuvre se souviennent d’un joueur pas très technique, mais qui se vouait corps et âme au collectif.

Hédi Braïek (milieu droit)

On le surnommait Hédi « Kaaboura » (la roue) en référence à sa vitesse phénoménale et à ses démarrages imprévisibles sur le flanc droit. Cet ailier virevoltant a contribué à écrire les plus belles pages du Stade tunisien.

Après avoir tenté une carrière en France, sans réel succès, l’enfant du Bardo met ses deux jambes au service de Hammadi Ben Salem (président du ST) et contribue à l’éclosion du génial avant-centre Noureddine Ben Yahmed dit « Diwa ». La suite, on la connaît !

Associé à Brahim Kerrit à gauche et à Diwa en pointe, Braïek va faire trembler les filets adverses à maintes reprises et offrir à la « Baklawa » ses premiers trophées.

Brahim Kerrit (milieu gauche)

Ce petit ailier de poche (1,65 mètre) était un véritable poison sur le couloir gauche.

Fin technicien, Kerrit se révèle un meneur de jeu extraordinaire doté d’un instinct de buteur. Son association avec Diwa et Braïek constitue le trio légendaire du Stade tunisien.

Après plus de neuf années passées au Bardo, Kerrit décide de raccrocher les crampons pour laisser la place aux jeunes. Il n’avait, alors, que 29 ans. La classe !

Jameleddine Limam (milieu offensif)

Il est sans conteste l’un des meilleurs dribbleurs que la Tunisie n’ait jamais connu.

Donnez lui le ballon et admirez-le ! C’est en ces termes que l’on pourrait résumer le génie de « Djo » Limam. Ce fabuleux technicien était un joueur complet qui arrivait à s’extirper des situations les plus désespérées par un simple passement de jambes. En un éclair, un petit pont et hop… trois défenseurs dans le décor !

Si sa carrière a, néanmoins, était morcelée par des expériences diverses et variées à l’étranger, Jamel Limam a, tout de même, été sacré deux fois meilleur joueur tunisien (1988 et 2002) et sous les couleurs de la « Baklawa », qui plus est.

Abdelhamid Hergal (milieu offensif)

Qui dit Hergal, dit ce lobe de plus de trente mètres qu’il a planté à Chilton lors d’un match amical Tunisie-Angleterre au stade d’El Menzah.

Mais Hergal est avant tout un joueur hors pair ! Technicien, meneur de jeu et buteur, ce milieu offensif était un véritable métronome qui pouvait évoluer à tout les postes avec une aisance déconcertante. Ajoutez à cela une attitude exemplaire sur et en dehors du terrain et vous obtenez l’un des meilleurs numéro 10 tunisien.

Avec 85 buts au compteur, Abdelhamid Hergal est, à ce jour, le meilleur buteur de l’histoire du Stade tunisien.

Abdelwahab Lahmar (avant-centre)

Il est l’exemple même de l’étoile filante et quelle étoile ! Cet excellent joueur a marqué sa génération par sa technique et son efficacité. Un véritable artiste qui excellait dans l’art de marquer des buts et de servir ses coéquipiers sur un plateau.

Car Lahmar était un attaquant avec l’âme d’un meneur de jeu. Après avoir remporté le championnat en 1965 et la coupe en 1966, il termine meilleur buteur de la saison 1966/67 avec 14 réalisations. Deux ans plus tard, il met un terme à sa carrière à tout juste 25 ans. Une légende est née !

Noureddine Diwa (avant-centre)

Que dire de plus sur Noureddine Diwa, à part qu’il est l’un des meilleurs avant-centre tunisien de tous les temps, si ce n’est le meilleur !

Pas plus haut que trois pommes, le Kopa tunisien permet au Stade tunisien d’accéder en division nationale (1955) avant d’enchaîner les titres à gogo.

Avec Kerrit et Braïek à ses côtés, Diwa laisse exprimer son génie à travers ses démarrages brusques et son redoutable sens du but. Véritable icone du football, Diwa est idolâtré aussi bien par les supporters que par ses équipiers. Nous lui décernons, par conséquent, le brassard de capitaine de ce onze de légende.

Mohamed Habib LADJIMI

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