Hammam-lif, Marsa, Manouba : Destins contrastés des palais beylicaux

Après l’affaire de Beit el Hikma et la destruction du fronton de l’ancien palais de Lamine Bey, un regard s’impose sur le destin des nombreux palais beylicaux de la capitale.

Si les uns ont purement et simplement disparu comme celui de Mohammedia, d’autres ont connu une seconde vie, surtout en tant que musées.

C’est le cas au Bardo et aussi à la Manouba où le palais de la Rose accueille le musée militaire alors que Kobbet ennhass est devenu un espace de loisirs.

À la Marsa, Dar Tej a été livré au pic des démolisseurs aux premières années de la République. De ce palais qui fut aussi une résidence beylicale, il ne reste plus que des souvenirs et des photographies.

Ksar Saïd pour sa part vient d’être restauré et accueille désormais un centre culturel qui est tourné vers les arts, les lettres et l’histoire.

Quant au palais beylical de Hammam-lif, il poursuit son agonie depuis longtemps. Cette ancienne résidence beylicale d’hiver est dans un état critique malgré les nombreux appels pour la sauver.

Et pourtant, il s’agit d’un palais dont l’histoire remonte au dix-huitième siècle. Transformé en squatt, ce palais continue à s’éteindre à petit feu dans un silence assourdissant.

Le tollé général provoqué par la démolition du fronton de l’ancien palais de Lamine Bey réveillera-t-il les consciences quant au sort du palais hammam-lifois?

Plusieurs autres résidences de la famille beylicale ont également connu des destins contrastés. Ainsi, à la Marsa, le palais Dar Essaada accueille l’hôtel de ville alors que Dar Tej a été démoli. De même, l’ancien palais de la place du Saf Saf attend toujours une restauration qu’on dit imminente depuis des années.

Ainsi va le destin d’un pan entier de notre patrimoine, entre incurie coupable, manque de volonté politique et injures du temps.

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